Résumé de la e-discussion sur les quotas pour les femmes en politique (4-11 juin, 2008)

Les quotas sont un mécanisme utilisé pour renforcer la présence des femmes en politique et augmenter le nombre de celles qui accèdent à des postes de pouvoir. De plus en plus, les quotas sont perçus à travers le monde comme une mesure démocratique temporaire propre à garantir la représentation des femmes au parlement, au gouvernement et sur les listes de parti et leur accès à d'autres fonctions électives. Comme l'explique la base de données mondiale sur les quotas pour les femmes (Global Database of Quotas for Women), ce système décharge les femmes individuellement puisque c’est à ceux qui contrôlent les procédures de recrutement qu’il incombe de veiller à ce qu’elles ne soient pas isolées dans la vie politique. ( http://www.quotaproject.org/aboutQuotas.cfm) Selon les données disponibles en février 2008, les femmes n'occupent en moyenne que 17,8 % des sièges dans les parlements du monde, signe que la politique est encore le fief des hommes. ( http://www.ipu.org/wmn-f/world.htm )

Ce forum de discussion tendra à élargir nos connaissances sur les quotas pour les femmes, leur application à travers le monde et leurs incidences sur la représentation des femmes en politique. Il permettra aussi de comparer des cas et d'échanger des idées et des données d'expérience sur les questions suivantes:

1. Les quotas et leurs mécanismes d'application: que sont les quotas et quels types de quotas existe-t-il dans le monde ? Dans quelle mesure sont-ils nécessaires pour augmenter le nombre de femmes aux postes de décision et de pouvoir ?

2. Types de quotas et systèmes électoraux: quels types of quotas parviennent le mieux à renforcer la présence des femmes en politique ? Quelles conditions sociopolitiques et quels systèmes électoraux se sont révélés les plus favorables à l'introduction de quotas pour les femmes ? Y a-t-il un pourcentage qui ait la préférence en matière de quotas ?

3. La résistance aux quotas et les moyens de la vaincre: quelle critique ou résistance oppose-t-on le plus souvent à l'introduction de quotas pour les femmes ? Comment venir à bout de cette résistance ou y parer ? Quelles réformes institutionnelles faudrait-il mener à bien pour promouvoir et introduire avec succès des quotas pour les femmes ? En quoi l'évolution des normes socioculturelles est-elle importante pour le succès des quotas pour les femmes ?

4. Comment plaider la cause des quotas: à quelles stratégies les femmes et les organisations de base ont-elles recouru pour faire adopter et appliquer des quotas ? A quels principaux obstacles se sont-elles heurtées dans leur travail de sensibilisation ?

Résumé de la discussion

DANS QUELLE MESURE LES QUOTAS SONT-ILS NECESSAIRES?

Les quotas dans un contexte général

La question des quotas pour les femmes en politique s’inscrit dans un large débat, qui porte notamment sur les mesures d’action positive, les droits de la personne et l’égalité. Elia López de Tulipano définit les quotas comme suit :
«Les quotas électoraux pour les femmes sont une mesure d’action positive visant à corriger le déséquilibre entre hommes et femmes en politique... [Cuán necesarias son las cuotas]

Erika Brockmann dit que les quotas :
« sont fondés sur le principe que l’inégalité de fait réclame des mesures elles aussi inégales. » [ Las cuotas no bastan...]
Danielle Moffatt évoque le lien entre la participation des femmes à la vie politique et le développement vu sous l’angle des droits. Elle s’exprime en ces termes:

«L’engagement des femmes sur le terrain politique est intrinsèquement lié au développement en ce sens qu’il ne peut pas y avoir de développement réel si l’engagement des femmes n’est pas favorisé jusqu’à ce qu’elles puissent façonner, à égalité avec les hommes, les politiques et les lois.» [Quota Systems and the Jamaican reality]

Les statistiques montrent que les quotas fonctionnent

La plupart des participants ont été d’accord pour penser que les quotas sont importants pour renforcer la présence des femmes en politique et qu’en moyenne les pays dont le système électoral prévoit des quotas comptent plus de femmes en politique et dans la vie publique. Julie Ballington a fait état des statistiques suivantes:

a) Dans les pays (près de 70) qui ont des quotas prescrits par la loi, des quotas volontaires au niveau des partis politiques ou des sièges réservés), la représentation globale des femmes se situe autour de 22 % ;

b) dans les pays qui n’ont pas de quota, la moyenne s’établit autour de 14 % ; et

c) lors des élections tenues en 2007, les pays avec quotas ont élu en moyenne 19,3 % de femmes, contre 14.7 % pour les pays sans quota. [Quotas key to increasing representation of women]

Aminata Kasse a montré, à l’aide de statistiques, à quel point les quotas avaient été bénéfiques au Burkina Faso :
« Au Burkina Faso, aux élections locales de 2006, le parti au pouvoir a appliqué un quota interne qui a fait passer la représentation des femmes de 8,95 % en 1995 à 30 % en 2006. A l'Assemblée nationale la situation des femmes a certes évolué, mais de façon moins spectaculaire : 9,1 % en 1997 à 15,31 % en 2007, certainement parce que le parti dominant n'a pas appliqué de quota.» [Les quotas sont-ils nécessaires?]

Au Panama, Elia López de Tulipano note qu’après la prescription par la loi d’un quota de 30 %, le nombre des femmes élues est passé de 7 % to 13 % [Cuán necesarias son las cuotas].

Sanctions et application

Plusieurs participantes ont relevé l’importance des sanctions et de dispositions claires pour l’efficacité des quotas. Gemma Bardají Blasco a expliqué qu’au Costa Rica, où le quota minimum est de 40 % pour tous les sièges élus ainsi que dans les partis politiques, les partis qui ne respectent pas les quotas encourent plusieurs sanctions, dont le risque de se voir exclus de la compétition électorale. Tout en signalant qu’il existe d’autres types de sanctions, notamment financières, elle formule cette mise en garde :

«Dans certains cas, les partis ont préféré payer l’amende plutôt que d’inscrire des femmes sur leur liste. Outre les sanctions, il est essentiel que les lois relatives aux quotas en prévoient de manière claire et précise la mise en application; sinon, il y a toutes les chances qu’ils aient un effet nul.» [Tipos de cuotas],

Le succès des quotas dépend des systèmes électoraux

Certaines participantes ont exprimé la crainte que le type de quotas et le système électoral ne nuisent à l’efficacité des quotas. Lorena Luz Larios Rodriguez [Concepto de cuotas de género], rappelle qu’il existe trois types de quotas: les quotas constitutionnels, les quotas prescrits par la loi électorale et les quotas auxquels les partis politiques se soumettent volontairement. Deb Carlson, ancien membre du Parlement de l’Alberta au Canada [ Quotas - what happens after?], où est appliqué le système du scrutin majoritaire à un tour, laisse entendre que les quotas ne suffisent pas et que si les femmes n’ont pas une formation suffisante et manquent de fonds, elles ne gagneront pas et risqueront de provoquer au sein du parti une réaction de rejet à l’égard des quotas. Nurgul Djanaeva fait observer que les quotas obligatoires ont parfois des conséquences imprévues, comme au Kirghizistan où, en 2007, de grands partis politiques ont été exclus des élections législatives parce qu’ils n’étaient pas prêts à appliquer des quotas. [Quotas, long-term and consistent involvement of women's NGOs]. Et Alejandra Massolo signale que les quotas ne fonctionnent pas lorsqu’il ne peut y avoir qu’un seul gagnant à la compétition, lors de l’élection des maires par exemple :

«Le problème demeure entier et l’inégalité entre hommes et femmes immense … dans la course aux mairies. Les mécanismes de quotas ne s’appliquent pas au poste de maire et il montre combien ils sont nécessaires parce que le pourcentage des femmes maires demeure faible en Amérique latine. Cette inégalité appelle des mécanismes équivalents, susceptibles de réduire l’écart et d’augmenter les chances des femmes d’accéder à la gestion des municipalités, de toutes tailles et de toutes importances. » [La cuota sola no basta y ¿qué hacemos con el cargo de Alcaldesa?]

Les quotas seuls ne suffisent pas

Les participantes ont aussi évoqué les difficultés que pose aux femmes elles-mêmes l’application des quotas là où ils existent. Rabab Baldo a fait part de son expérience au Soudan en ces termes :

« En raison du contexte politique (instabilité politique, poursuite du conflit, dictature et dégradation de la situation socioéconomique), les femmes au Soudan manquent de solidarité entre elles, de cohérence et se méfient les unes des autres ; l’introduction du système de quotas lors des élections de 2009 nécessite qu’elles redoublent d’efforts pour se rassembler, tisser entre elles des liens de solidarité et s’unir autour d’une vision commune.» [Without Women Solidarity quotas will be a curse, not a blessing]
Alejandra Massolo émet cette mise en garde :

« Il faut donc que d’autres réformes législatives et politiques accompagnent l’application des quotas en politique, pour les faire accepter dans la culture et la société. Sinon, les quotas risquent de se transformer en une «tracasserie administrative» de plus obligeant à faire du «remplissage» pour obtenir le nombre de femmes voulu sur les listes électorales.» [La cuota sola no basta y ¿qué hacemos con el cargo de Alcaldesa?]

Erika Brockmann explique qu’en Bolivie les quotas :
«ont eu un effet contraire et ne se sont pas attaqués aux causes profondes de l’exclusion qui est au coeur des organisations politiques…Ils n’ont pas eu d’incidence sensible sur la culture politique des citoyens, qui est très discriminatoire et a naturellement tendance à légitimer le leadership masculin.» [Las cuotas no bastan...]
Elle suggère que d’autres mesures soient prises, telles que la formation de caucus de femmes parlementaires, la réalisation de programmes de formation et l’allocation de fonds aux femmes en politique. María Eugenia Rojas Valverde donne l’exemple d’un projet qui dispense justement ce type de formation. [Transformación de prácticas políticas: Condición necesaria...]

PLAIDER LA CAUSE DES QUOTAS

Former des alliances

Les participantes ont expliqué de quelles manières elles avaient plaidé en faveur des quotas dans leur pays et région. Parlant du Burkina Faso, Aminata Kasse a écrit ceci:

«L'expérience montre que dans la lutte pour une meilleure représentation des femmes, les organisations de femmes ont intérêt à constituer des alliances avec les organisations de promotion des droits humains et les mouvements de femmes des partis pour élaborer ensemble des stratégies.» [stratégies?]
Elia López de Tulipano a mis en évidence le rôle du Forum national de femmes membres de partis politiques au Panama, ONG qui a fait campagne en 1993 pour une loi des quotas, laquelle a été mise en application en 1997 [Incidencia para promover cuotas], Carmen Colazo a rapporté qu’au Paraguay, les secrétariats et commissions de femmes dans les partis et les cellules locales des partis ont été très actifs lorsqu’il s’est agi d’inscrire les quotas dans les statuts des partis et d’obtenir ainsi que des femmes participent à la prise de décision. [ Cuotas en partidos politicos y código electoral del Paraguay].

Se tenir informées

Amina Wangari a recommandé aux femmes d’observer d’abord les statistiques et de les analyser [2 stratégies pour faire adopter les quotas].

Florence Hamil conseille de se tenir au courant :
« Faire des suggestions pour l’application des politiques en se tenant au courant des lois ou en suivant des forums de discussion, en participant à ces forums et en contribuant à la conception de stratégies pour que les politiques soient appliquées et obtiennent les résultats escomptés.» [Advocating for Quotas]

Campagnes de sensibilisation

La première stratégie consiste à sensibiliser l’opinion publique à l’importance des quotas pour la parité et la participation des femmes à la vie politique. Les campagnes de sensibilisation et l’usage des médias sont très importants.
Lilian Celiberti se souvient qu’au Brésil les femmes parlementaires ont lancé il y a quelques années une campagne auprès du public pour qu’augmente le nombre de femmes occupant des fonctions politiques. « Des femmes qui n’ont pas peur du pouvoir »: tel était le slogan retenu pour leur campagne [Las tan temidas cuotas], Carmen Colazo relate l’expérience faite au Paraguay avec l’usage des médias. Il s’agissait essentiellement de faire passer les messages suivants :

«ce que sont les quotas : un mécanisme d’action positive comme n’importe quel autre (plusieurs étaient cités en exemple) ; leurs avantages politiques ; les questions qui devraient figurer à l’ordre du jour politique mais qui ne sont pas des priorités pour les hommes ; l’importance de ces questions pour l’approfondissement de la démocratie (comme baromètre de la démocratie et du développement) ; une explication sur le nombre de femmes dans les partis et le nombre de celles qui sont parvenues à des postes de pouvoir lorsque l’égalité des chances entre hommes et femmes n’existait pas.» [Cuotas en partidos politicos y código electoral del Paraguay]

Selon Elia Lopez de Tulipano, les obstacles rencontrés par les organisations dans leurs efforts de sensibilisation sont essentiellement un accès limité aux médias (en particulier aux chaînes de télévision), le manque de fonds, le manque de temps et une connaissance insuffisante de la législation [Incidencia para promover cuotas]

RESISTANCE AUX QUOTAS ET MOYENS DE LA VAINCRE

Nature de cette résistance

Dans cette section de la discussion en ligne, les commentaires ont été unanimes à reconnaître l’existence, dans bien des pays, d’une résistance à l’introduction de quotas pour les femmes:

«Dans de nombreux pays d’Amérique latine, beaucoup s’opposent encore à ce que des femmes accèdent à des postes de pouvoir dans les partis politiques et soient inscrites sur les listes de candidats établies par les partis pour rallier les suffrages du public. Cette résistance s’explique par de nombreux facteurs culturels et institutionnels et elle a bien entendu une incidence sur les femmes.» Lilian Celiberti [Las tan temidas cuotas],

Elia López de Tulipano distingue trois niveaux de résistance: celle des hommes politiques qui font valoir qu’il n’est pas nécessaire d’accorder plus d’avantages aux femmes puisqu’elles ne saisissent pas les chances qui leur sont offertes ; celle des femmes qui ont accédé à des postes de décision alors que les quotas n’existaient pas ; et celle de la majorité de la population qui est indifférente et manque d’informations [Resistencia a las cuotas]. Martha Barriga estime que la résistance aux quotas qu’opposent les femmes en politique est un sujet que devrait creuser la recherche. [Resistencia a las cuotas]

Ripostes et stratégies

Bien que les participantes reconnaissent la validité de certains des arguments avancés par les adversaires des quotas, elles sont généralement d’accord pour estimer que les quotas sont importants comme mesure destinée à augmenter le nombre des femmes en politique, surtout dans les pays conservateurs. Elles ont insisté sur le caractère temporaire des quotas, qui ne règlent qu’à court terme le problème de l’inégalité entre les sexes. Nurgul Djanaeva note ceci :
«Les quotas étant des mesures temporaires, ils devraient s’accompagner de programmes de longue durée, dotés de fonds suffisants et disposant de larges appuis, qui aient pour but de développer les compétences de femmes locales et leurs qualités d’initiative.» [Capacity building, quotas and breaking double standards]

Alessandra Pellizeri a recommandé :
«des campagnes de sensibilisation qui démontrent avec des arguments objectifs, de préférence économiques, qu’un pays ne peut guère progresser si la moitié de sa population (généralement des femmes) dépend des décisions de l’autre moitié et ne contribue pas au développement économique du pays.» [ Resistance to Quotas and How to Overcome It]
Certaines ont estimé que l’accent devait être mis sur la démocratie, plutôt que sur la seule parité. Carmen Colazo a suggéré qu’il y ait aussi des quotas pour les jeunes, les aborigènes ou premiers habitants et d’autres catégories sociales [ Resistencias y corporativismo], et Gemma Bardají Blasco fait valoir que:

«Mettre les femmes au centre du débat, c’est détourner l’attention du vrai sujet et le faire sciemment. C’est la démocratie qu’il faut mettre au centre du débat et dont il faut repousser les limites. L’argument selon lequel les lois relatives aux quotas sapent l’égalité n’a alors plus de poids puisque, au contraire, leur but est d’essayer de corriger le fait que plus de la moitié du genre humain n’est pas représentée ou n’a pas la possibilité de défendre ses intérêts.» [Argumentos],

TYPES DE QUOTAS ET SYSTEMES ELECTORAUX

Les systèmes proportionnels sont plus favorables aux femmes
Dans cette section, les participantes ont discuté de différents types de systèmes électoraux et établi des parallèles entre le succès des quotas dans un pays ou une région donnée et son système électoral. De nombreuses participantes ont reconnu que la représentation proportionnelle était un système électoral plus favorable que d’autres à l’introduction de quotas pour les femmes en politique. Charmaine Rodrigues a fait part en ces termes de son expérience dans la région du Pacifique :

«Certains pays du Pacifique ont plus progressé que d’autres. Il est à noter en particulier que les territoires français du Pacifique comptent beaucoup plus de femmes parlementaires (leur pourcentage avoisinant souvent les 30 %) que leurs voisins. Beaucoup ont émis l’hypothèse que cette avance était due au fait que ces pays ont des systèmes à représentation proportionnelle qui ont permis d’introduire des quotas dans les partis ou des quotas de listes et d’améliorer ainsi la représentation des femmes.» [Quotas and Electoral Systems in the Pacific]

Alessandra Pellizeri a fait cette observation :
« le système électoral essentiellement majoritaire de la Mauritanie ne favorise pas l’accès des femmes aux fonctions électives. Les candidates doivent donc être placées à des points stratégiques sur leurs listes (en 1ère ou en 2ème, en 6ème, en 11ème position, etc.) pour être sûres d’être élues. Les systèmes proportionnels sont en général plus propres à faciliter l’accès des femmes au parlement.» [Justification for Quotas and Experience of Mauritius]

Se fondant sur son expérience des conseils municipaux, Alejandra Massolo estime que les systèmes proportionnels ont favorisé l’entrée des femmes dans la vie politique publique [Sistemas electorales y compilación del Foro].
Niki Johnson analyse en quoi des quotas, combinés à une forte dose de proportionnelle et à des listes bloquées, auraient modifié les résultats des récentes élections en Uruguay :
«…l’introduction du quota minimum d’un tiers (dispositif récemment approuvé au Sénat uruguayen) aurait entraîné en 2004 l’élection de 10 femmes parlementaires de plus et aurait porté le taux de représentation des femmes de 10,8 % à 18,5 %, ce qui est une hausse appréciable. Mais aux élections de 1999, l’effet en aurait été bien moindre : trois femmes de plus seulement auraient été élues.» [Efectividad de las cuotas y sistemas electorales]

Autres facteurs

De l’avis de la majorité des commentateurs, diverses autres circonstances influent sur l’efficacité des quotas. Gemma Bardají Blasco cite les facteurs suivants:

« les coûts des élections, la loi sur les partis politiques, le financement des élections, la capacité des autorités électorales à donner des informations claires et explicites sur la question des quotas de manière à garantir, si nécessaire, l’application de sanctions, le fait que les quotas soient inscrits dans la loi ou non...la culture démocratique du pays, tout cela entre aussi en jeu, de même que le contexte sociopolitique et les médias, les conflits, la diversité culturelle, la décentralisation, parmi d’autres... » [El complejo mundo de los sistemas electorales],
José Ángel Aquino Rodríguez estime que le succès dépend de la combinaison entre le système électoral et le système des partis:

«Dans certains cas, une liste bloquée est un avantage ; dans d’autres, non. Il en est de même si la liste n’est pas bloquée ou, de façon générale, dans le cas du vote préférentiel. Ces facteurs liés au système électoral sont en corrélation avec la nature du système des partis, sa segmentation et ses conséquences sur la répartition des sièges.» [ Cuotas y otras acciones de promoción]
Elia López de Tulipano traite du rôle des partis politiques et se demande quelles transformations les partis doivent opérer pour favoriser l’élection de candidates. [Tipos de cuotas y sistemas electorales]

Conclusion

Les personnes qui ont participé au forum de discussion en ligne d’iKNOW Politics sur les quotas pour la parité en politique ont été en général favorables aux quotas et ont donné des exemples précis de cas dans lesquels la représentation des femmes s’était améliorée grâce à eux. En même temps, divers commentateurs ont fait remarquer que les quotas à eux seuls ne suffisaient pas et que, pour réussir, les femmes avaient aussi besoin d’une formation de base, de fonds, de réformes sociopolitiques et d’un engagement public (qui aille notamment dans le sens de la solidarité féminine). Certains ont fait valoir que, s’ils n’étaient pas accompagnés d’autres mesures, les quotas risquaient de susciter un rejet, de dégénérer en tracasseries administratives et en mesures purement symboliques, inutiles pour les femmes.

Certains participants ont insisté sur l’importance, pour l’efficacité des quotas, de sanctions et de règles sévères, tandis que d’autres ont signalé que le fait de refuser à des partis l’autorisation de se présenter aux élections pour non-respect des quotas sans leur laisser le temps de s’adapter pouvait avoir des conséquences imprévues.
Le type de système électoral peut être déterminant pour l’efficacité des quotas : le consensus là-dessus a été général. La plupart des participants ont marqué une préférence pour les systèmes à représentation proportionnelle avec des circonscriptions électorales assez étendues, et certains ont relevé que les quotas étaient sans effet là où il n’y avait qu’un seul vainqueur (c’est-à-dire dans la course aux mairies). Cependant, la dynamique du système des partis et le contexte sociopolitique exercent une influence sensible sur l’efficacité des quotas.

La plupart des participants au débat admettent qu’il existe une assez forte résistance aux quotas, notamment chez les femmes politiques elles-mêmes. Selon eux, l’un des moyens de vaincre cette résistance est de mettre l’accent sur la démocratie, plutôt que sur la parité, et d’insister sur le fait que les quotas ne sont souvent que des mesures temporaires. Les personnes favorables aux quotas ont conseillé notamment de constituer des alliances, de se tenir bien informées et de mener des campagnes de sensibilisation.
Tout en reconnaissant les limites des quotas comme mesure isolée de promotion des femmes en politique, la discussion en ligne a montré que l’introduction de quotas en politique donnait des résultats tangibles et elle a fourni de précieuses indications à ceux et celles qui militent en sa faveur.

Participants

Pendant les sept jours de la discussion en ligne, iKNOW Politics a reçu 67 commentaires de ses membres et experts du monde entier (26 en anglais, 31 en espagnol et 10 en français). Nous tenons à remercier les personnes suivantes de leur précieuse contribution :

Alessandra Pellizzeri, chargée du programme Gouvernance démocratique, PNUD, Mauritanie
Amina Wangari
Aminata Faye Kasse, National Democratic Institute, Burkina Faso
Barbro Westerholm, membre du Parlement suédois, Suède
Danielle Moffatt, région des Caraïbes-Jamaïque
Charmaine Rodrigues, expert du PNUD pour le renforcement des organes législatifs, région du Pacifique
Deb Carlson, ancien membre du parlement de l’Alberta, Canada
Desy M.Furaha, présidente nationale des Femmes solidaires pour la paix et le développement
Diop Fati
Drita Kadriu, membre de l’Assemblée du Kosovo
Florence A. Wellington
Hemanthi Goonasekera, Sri Lanka
Jon Fraenkel, programme sur l’Etat, la société et la gouvernance en Mélanésie, université nationale australienne de Canberra
Julie Ballington, chargée de programme, Union interparlementaire, Suisse
Katie Gagnon, Groupe Femmes, Politique et Démocratie, Canada
Keita Mariam Toure, Programme national d’éducation civique, Mali
Lena Wängnerud, maître de conférences au département de science politique de l’université de Göteborg, Suède
Nurgul Djanaeva, Forum des ONG féminines, Kirghizistan
Rabab M. A. Baldo, coordinatrice chargée de l’égalité entre hommes et femmes, UNIFEM
Rainbow Murray, université de Londres, Royaume-Uni
Regina Mundi, Cameroun
Tugba Kalafatoglu, consultante politique, Turquie
Nadia Zabala, Colombie
Elia López de Tulipano, Forum national de femmes membres de partis politiques (Foro Nacional de Mujeres de Partidos Políticos), Panama
Gemma Bardají Blasco, équipe responsable de la participation des femmes à la vie politique, Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (ONU), Saint-Domingue
Cristina Tamasauskas, Fundación Comunidad 2000, Venezuela
Andrea López Quijano
Alejandra Massolo, consultante sur l’égalité des sexes et l’administration locale, chercheuse associée pour le groupe interdisciplinaire Femmes, travail et pauvreté (Grupo Interdisciplinario sobre Mujer, Trabajo y Pobreza, GIMTRAP, A.C), Mexique
José Ángel Aquino Rodríguez, juge titulaire, chambre administrative de la Commission électorale centrale de la République dominicaine, République dominicaine
Lilián Abracinskas, coordinatrice de CNSmujeres, Uruguay
Lorena Luz Larios
Rodriguez Llarios
Lilian Celiberti, coordinatrice du collectif féministe « Quotidien des femmes en Uruguay » (Colectivo Feminista Cotidiano Mujer de Uruguay) et du mouvement féministe du Marcosur, Uruguay
Carmen Colazo, Paraguay
María Eugenia Rojas Valverde, directrice générale de l’Association des femmes conseillères municipales de Bolivie (Asociación de Concejalas de Bolivia, ACOBOL), Bolivie
Bárbara Gill, Argentine
Jannette Riffo, Argentine
Martha Barriga, équipe responsable de la participation des femmes à la vie politique, Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (ONU), Saint-Domingue
Erika Brockmann, chef de la Commission des relations internationales du Forum politique des femmes, Bolivie
Altagracia Balcacer
Niki Johnson, coordinatrice de la section Politique et parité, département de science politique, université de la République, Uruguay

I. LISTE DE DOCUMENTS EN FRANÇAIS

Bibliothèque d’iKNOW Politics

1. Les femmes en politique: 2008 (affiche) Union interparlementaire (IPU/UIP). http://www.iknowpolitics.org/fr/node/5419

2. Ballington, Julie. (2008). Egalité en politique : Enquête auprès de femmes et d'hommes dans les parlements. Union interparlementaire (IPU/UIP). http://www.iknowpolitics.org/fr/node/5417

3. Les femmes au parlement en 2007 : regard sur l'année écoulée. (2008). Union interparlementaire (IPU/UIP). http://www.iknowpolitics.org/fr/node/543

7. Encyclopédie ACE des élections. http://www.iknowpolitics.org/fr/node/721

Autres sources et sites Web:

1. Stoffel, Sophie (2005). Le débat chilien sur la représentation politique des femmes et sur le projet d’une « loi des quotas ». Quota Project. http://www.quotaproject.org/other/Stoffel-Chile-quotas.pdf

2. Les mesures d'action positive. Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD). http://www.gfpd.ca/ecole_theme2.php

3. La parité. Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD). http://www.gfpd.ca/ecole_theme6.php

4. Parlements africains : des femmes parlementaires demandent des « quotas ». (2004). Femmes méditerranéennes. http://www.mediterraneas.org/article.php3?id_article=37

5. Atelier régional en Afrique de l’Ouest met en focus le rôle des femmes dans la politique parlementaire. (2000). International IDEA. http://www.idea.int/gender/cotonou_2000.cfm

6. Les femmes au Parlement : au-delà du nombre. (2002). International IDEA. http://www.idea.int/publications/wip/upload/full%20handbook.pdf

7. Dahlerup, Drude. Les quotas de femmes : imposés par la loi ou laissés au libre choix des partis? PARTAGIDER. http://www.partagider.fr/sphere_politique/Dude_Dahlerup_Les_quotas_de_femmes.pdf

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