La participation des femmes à la vie politique locale

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La participation des femmes à la vie politique locale

La sous-représentation des femmes à tous les niveaux de gouvernement entraîne un déficit démocratique. Il a été prouvé à maintes reprises que divers groupes prennent de meilleures décisions. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'une tâche aussi difficile que de représenter les intérêts des citoyens au niveau local. Souvent influençant les politiques en matière de logement, de sécurité, de transport et d'économie, l’administration locale prend des décisions importantes qui affectent la vie des femmes et des hommes. La participation et représentation égale des femmes aux processus décisionnels locaux est essentielle pour prioriser les questions relatives aux femmes dans les agendas des administrations locales et pour localiser la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). Des conseils locaux paritaires peuvent constituer une étape importante pour atteindre l'équilibre entre les sexes au niveau national.

Bien que certains pays aient des informations sur le nombre de femmes et d'hommes occupant les postes de conseillers régionaux, municipaux et maires, un système normalisé pour fournir des preuves statistiques comparables dans tous les pays et régions n’existait pas jusqu'à très récemment. Les raisons à cela incluent le grand nombre de système de gouvernance locale et la diversité de leurs structures à travers le monde. La méthodologie du nouvel indicateur des ODD sur la « proportion de sièges occupés par les femmes dans les gouvernements locaux » (5.5.1b) développée par ONU Femmes fournit un modèle sur la manière de produire des données comparables entre les pays. La mesure et le transfert harmonisés des données pour l'indicateur 5.5.1b des ODD permettront d'établir la première mesure globale de la proportion de femmes dans les gouvernements locaux. Cela générera des preuves statistiques solides qui permettront de sensibiliser et d’accélérer les progrès sur un nombre d'aspects de la participation politique des femmes.

Au-delà de la mesure quantitative, des informations supplémentaires sont nécessaires sur les stratégies pour élire plus de femmes au niveau local. Dans le cadre de la Commission de la condition de la femme de 2018 axée sur l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et des filles rurales, iKNOW Politics et ses partenaires organisent cette discussion en ligne du 2 février au 8 mars 2018 pour recueillir les avis des politiciens, experts, praticiens et chercheurs sur les défis et opportunités relatifs à la représentation des femmes dans le gouvernement local et son rôle dans la réalisation de l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes au niveau local.

Questions :

  1. Quels sont les défis qui entravent la participation et représentation politique des femmes au niveau local ? Sont-ils différents des défis auxquels les femmes sont confrontées au niveau national ?
  2. Quelles sont les meilleures pratiques qui aident à promouvoir la participation et représentation politique des femmes au niveau local ? Quel est le rôle des partis politiques dans l’amélioration de la représentativité des femmes au niveau local ?
  3. Connaissez-vous des programmes ou des structures qui aident les élues locales à avancer au niveau national ? Veuillez partager des exemples concrets.
  4. Que peut faire le gouvernement local pour réaliser l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et des filles rurales ?

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Soumis par Samia Zaouali, activiste politicienne et dans la société civile. La 1ère femme en Tunisie à être Directrice Exécutive d’une campagne électorale (lors des élections législatives de 2014).  

En Tunisie seulement 2.75 % de femmes sont au Gouvernement ; ce qui est non acceptée vue la participation effective et réelle de la femme depuis 2011 à la définition du schéma politique et à rectifier le processus constitutionnel à maintes reprises. Plus d’un million de femmes sont descendues dans les rues plusieurs fois pour dire non à la discrimination à la femme ; non à la complémentarité ; non à considérer la femme parmi ceux qui ont des nécessités spéciales ; non à quel type de violence contre la femme…

Près d’un million de femmes qui ont votées pour le président actuel aux élections présidentielle et qui ont étaient à l’origine de sa réussite.

Aux élections législatives 2014 la loi a exigé seulement la parité verticale. Malgré cette obligation de la présence féminine égalitaire aux hommes et successions homme / femme tout le long de la liste ; rares étaient les femmes à y être têtes de listes pour multiples raisons principalement socioculturelles dues aux implications de la société patriarcale. Ainsi la représentation de femmes a l’Assemblée des Représentants du Peuple - ARP- a atteint en premier lieu 25% puis après le remplacement des postes vacants dus à la nomination de ces hommes les occupants à d’autres missions principalement ministérielle elle a atteint 34% ; ce qui reste peu pour la parfaite égalité pour la femme Tunisienne dont exige la nouvelle constitution Tunisienne surtout l’article 21 « Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination. L’État garantit aux citoyens et aux citoyennes les libertés et les droits individuels et collectifs. Il leur assure les conditions d’une vie digne. »

Pour les élections municipales à venir du 6 Mai 2018 la participation féminine est à son apogée puisque la nouvelle loi électorale locale a exigé la parité verticale mais aussi horizontale pour les parties publiques et les coalitions. Cette mesure prise va nous emmener vers un rôle local réel de la femme et sa participation effective à la gestion du quotidien local et la prise de décision.

Au niveau des électeurs la répartition selon le sexe montre que la participation de la femme pour le vote à l’échelle national est aux alentours de 48% et pour les hommes 52% ainsi presque une égalité pour les personnes inscrites à ces élections. Ce pourcentage de participation atteint dans des régions intérieures le niveau de 64 ,5%.

Le nombre total des personnes via les 2173 listes électorales des partis et des coalitions est de 57020 environ 26500 sont des femmes à se présenter à ces élections. 1099 listes de partis politiques dont 507 les femmes sont têtes de liste. 177 listes de coalition dont 67 les femmes sont têtes de liste. Les listes Indépendantes sont de l’ordre de 897 sans encore de données sur le nombre de femmes têtes de liste qui on l’estime très faible vue que rarement des femmes y foncent et prendre l’initiative ; elle aussi participe à la situation actuelle des femmes par manque de confiance en ces compétences, la peur de la déception, la recherche toujours d’un soutient (parti, homme puissant...). La participation des jeunes était aux alentours de 8,53% pour les jeunes moins de 23 ans et de 43 ,48 pour la tranche d’âge entre 24 et 35 ans ce qui fait 52 ,01% de jeunes et si on ajoute la valeur de 23,90 pour la tranche entre 36 et45 ans on conclut que ce pourcentage atteint 75,91% pour les jeunes politiciens et politiciennes.

La participation de la femme dans la gérance et la prise de décision au niveau local va permettre aux femmes d’accéder plus aisément au niveau national et être effectivement présente et imposant le changement vu le pouvoir de la décision qu’elle en bénéficiera dans la planification  et la mise en place des stratégies nationales via lesquels elle va défendre les acquis de la femme Tunisienne et instaurer d’autres acquis surtout l’objective de l’égalité à l’ARP , au Gouvernement comme Ministres et Secrétaires d’Etat, des PDG, dans les comités de directions nationales, régionales et locales des partis politiques.

En plus de l’égalité parfaite politique, elles optent pour l’égalité totale au niveau sociale, les salaires au secteur privé ; à la discrimination selon le sexe au travail… En général comme femme Tunisienne on militera pour briser le Plafond de Verre surtout pour des postes toujours masculins comme les ministères de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires Etrangères, de la Justice, de l’Economie… puisque on a de vraies compétences féminines mais qui sont parfois plus compétentes que les hommes mais qui sont écartées tout simplement parce qu’elles sont des femmes.

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Soumis par Keita Domani Doré, conseillère communale, Présidente du Mouvement politique " la Guinée Audacieuse", ancienne Ministre.

En tant que femme politique j'estime que la création d'incubateurs politiques locaux à l'effet d'outiller les femmes à l'exercice de la politique et ensuite leur donner des raisons de participer à la vie démocratique de leurs nations de la base au sommet des responsabilités, est un impératif.

Beaucoup d'énergies se gaspillent dans la mobilisation des masses par les femmes dans l'arène politique sans aucune formation pour elles au sein des partis politiques.

En Guinée à l'image de l'incubateur à Bruxelles par Assita Kanko, " POGUI" est un projet pilote que nous allons experimenter avec l'aide du NDI Guinée.

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Soumis par Moufida Oueslati, Policy Advisor, Tunisian Active Network for Social Accountability, Tunisie

1. Quels sont les défis qui entravent la participation et représentation politique des femmes au niveau local ? Sont-ils différents des défis auxquels les femmes sont confrontées au niveau national ?

La représentation politique des femmes au niveau locale est confrontée à des obstacles relevant de son éducation, de sa scolarité, de sa situation socioéconomique, de son degré d’intégration dans son milieu et son influence en tant que femme leader dans son village.

Notons qu’une femme trop tôt mariées aussitôt aura des enfants à charge à d’autres occupations que la politique. Elle se retrouve maman et chef de famille la plus part du temps elle travaille dans le domaine agricole dans des terrains qu’elle ne possédé pas et dans des conditions de travail inadéquats allant du transport clandestin non sécurisée jusqu’à le salaire dérisoire …comment peut-on parler de participation politique dans le monde rurale ?

Pour la représentation des femmes au niveau local, la seule différence c’est qu’elle vie de conditions meilleures car son niveau socioéconomique est supérieur mais elle mène une vie très agitée avec les mêmes responsabilités à l’intérieur et à l’extérieur de la maison.

Supposons qu’elle est  enthousiaste et qu’elle a envie d’intégrer la vie politique, obstacle n° 1 le mari, obstacle n° 2 la belle-mère ,obstacle n° 3 le beau-père …rentrent dans le jeu , donnent leurs avis  d’accord/ pas d’accord , imaginons que cette femme a une forte personnalité et qu’elle va foncer pour réaliser son rêve elle va retrouver un autre homme qui va la mettre tête de liste pour dire qu’il Ya parité dans ce bled et que tout va bien … !!!!!     

2. Quelles sont les meilleures pratiques qui aident à promouvoir la participation et représentation politique des femmes au niveau local ? Quel est le rôle des partis ?

Il faut instaurer un environnement propice à l’égalité entre les sexes et la promotion de la femme, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et du travail. Et çà ça ne viendra pas du jour lendemain il faut travailler sur des générations très jeunes je dirais à partir de la maternelle, commencer à démystifier les tabous enracinés et faire surtout la séparation entre la religion et la politique.  

3. Politiques dans l’amélioration de la représentativité des femmes au niveau local ?

pas de politique, pas de vision car pas de politiciens c’est un jeux de parties politique chacun tire de son côté !!!

4. Connaissez-vous des programmes ou des structures qui aident les élues locales à avancer au niveau national ? Veuillez partager des exemples concrets.

Oui je connais des programmes de la world bank sur la redevabilité sociale et les outils du dialogue politique car les élections sont des stratégies direct de la redevabilité sociale , la voix du citoyen parviendras à travers les urnes et le candidats (responsable) sera redevable sur son programme pour ce mondât mais faut-il que ses élections soient transparents  et participative ?

C’est mon travail au quotidien développer des compétences pour l’égalité genre et pour  mieux intégrer la vie de société, la vie politique et professionnelle et surtout le développement personnel et les stratégies de communication.

Pour réussir tout çà il faut beaucoup de développement des capacités aussi bien pour les hommes que pour les femmes abstraction faite qu’elle soit du local ou du régional  

5. Que peut faire le gouvernement local pour réaliser l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et des filles rurales ?

La Déclaration du Millénaire relevait en 2000 la nécessité de « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, en tant que moyen efficace pour combattre la pauvreté, la faim et la maladie, et promouvoir un développement réellement durable ». Pourtant, 18 ans après, le fossé qui sépare encore les hommes et les femmes dans de nombreux domaines et notamment en milieu rural reste immense. Si on porte les « lunettes de genre », il est alors aisé de constater que les femmes et les hommes en milieu rural possèdent différents rôles et responsabilités, besoins et intérêts ; qu’ils ne jouissent pas des mêmes opportunités dans l’accès aux ressources et dans les prises de décision ; qu’ils établissent entre eux des relations hiérarchisées et conflictuelles mais également d’alliance et de coopération et, enfin, que le pouvoir ne se répartit pas de façon équilibrée entre eux.

-          A ce jour la femme doit faire l’équilibre entre le rôle reproductif, le rôle productif et le rôle de la gestion de la commune ( projet : le budget axé sur le genre).

-          La stratégie d’autonomisation vise un contrôle plus important par les femmes des ressources matérielles et symboliques. Elle incite à l’organisation collective, la mobilisation et la participation, afin que les femmes puissent être actrices du changement social. Les changements recherchés en vue d’une meilleure égalité de genre doivent satisfaire des besoins pratiques et des intérêts stratégiques, qui peuvent être différents pour les hommes et pour les femmes. è Les besoins pratiques correspondent à la qualité de vie et à la satisfaction des besoins élémentaires de la personne. Ils se manifestent dans les conditions matérielles de la vie quotidienne (logement, santé, nourriture, services de base). èLes intérêts stratégiques englobent les questions d’égalité de genre dans une société donnée et tendent vers une répartition plus équitable des ressources entre les hommes et les femmes (progression en matière d’égalité, autonomie et de pouvoir d’agir : changements dans la législatifs, meilleure participation aux décisions,…).

-          EXP Projet UE : autonomisation des femmes dans la filière du lait