Etre femme au Congo

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mars 19, 2020

Etre femme au Congo

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Par Cecilia Díaz Weippert,

La pauvreté est fortement ressentie par les femmes et les jeunes. Que fait-on face à cette réalité ? Salufa Nunu, coordinatrice de l’Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin (Apef), à Bukavu, en parle.

En République Démocratique du Congo, les forces de sécurité et des groupes armés sont responsables de nombreuses agressions contre la population civile, allant des pillages aux actes de torture, viols et meurtres. Les femmes sont les plus exposées à cette violence. Ainsi, on estime que plus de mille femmes seraient violées par jour dans le pays. La souffrance des victimes de viol se double d’une nouvelle injustice : le rejet et la discrimination de leur communauté qui les marginalise.

Lors des élections de décembre 2018, il n’y a pas eu de progrès significatifs en termes de représentation des femmes : sur 485 députés nationaux, seules 50 femmes ont été recensées. La participation féminine aux assemblées provinciales est tout aussi faible, avec un taux qui ne dépasse pas les 12%. Par ailleurs, on estime que huit personnes sur dix vivent sous le seuil de pauvreté absolue et les données de l’enquête de l’Institut national des statistiques montrent que la pauvreté est fortement ressentie par les femmes et les jeunes.

Et que fait-on face à cette réalité ? Ce mois d’avril 2019, nous nous trouvons à Bukavu, au Sud-Kivu, pour une formation à la citoyenneté mondiale et aux relations Nord-Sud [1]. Cette fois-ci, participent à la formation un groupe de femmes défavorisées de Bukavu, apprenantes en couture, teinture et broderie. Le centre de formation de l’Association pour l’entreprenariat féminin, Apef, leur permet d’acquérir un métier ainsi que de se former aux droits de la femmeS.

Mes collègues viennent de terminer l’animation sur les inégalités, le « jeu de chaises », qui rends visible les inégalités en termes d’accès à la richesse dans le monde et la richesse est représentée par des chaises. Révoltée par le fait de voir qu’en Afrique on n’a pas assez de chaises pour toute la population, et qu’en Amérique du Nord il y a des chaises de trop, une des apprenantes se lève et avance vers les chaises de l’Amérique du Nord et dit : mais, qu’est-ce qui nous empêche d’aller chercher les chaises là, où on en a de trop ! ». Si seulement on pouvait se lever et aller chercher les chaises là où on en a en abondance !

Cliquez ici pour lire l’article publié par Monde qui bouge le 8 mars 2020.

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