iKNOW Politics Pouvez-vous parler un peu de vous à nos lecteurs ?
Nyamko Sabuni Je m’appelle Nyamko Sabuni et j’ai 38 ans. Je suis née en exil au Burundi. Je suis en fait d’origine congolaise, mes parents viennent du Congo. Je suis arrivée en Suède en 1981, à l’âge de 12 ans. J’ai eu la chance de grandir entourée d’enfants suédois, ce qui m’a permis d’apprendre à parler couramment le suédois et de m’intégrer plus facilement, et probablement aussi de réussir dans ce pays. Aujourd’hui, je suis mariée et j’ai deux petits garçons, des jumeaux de six ans.
iKP: Avez-vous rencontré des obstacles dans votre carrière politique parce que vous étiez une femme ? Si oui, lesquels ?
iKP: Non, aucun obstacle proprement dit, mais bien sûr, ce n’est pas évident pour une femme de mener une carrière quand on est supposée tenir une maison et s’occuper des enfants, et qui plus est, d’être à la hauteur, et même probablement meilleure qu’un homme pour attirer l’attention. Ce type d’obstacles existe pour bon nombre d’entre nous, si ce n’est pour nous toutes. En outre, la concurrence est rude, mais c’est vrai pour tout le monde et chacun fait de son mieux.
iKP: Y a-t-il des obstacles particuliers qui selon vous empêchent les femmes de devenir des leaders politiques ?
NS: Non, pas nécessairement. Cependant, s’il y a un obstacle, c’est que les femmes ne peuvent concilier une vie de famille avec une carrière, et c’est là que la politique peut être utile. Plus on permettra aux femmes et aux hommes de concilier une carrière avec une vie de famille, plus les femmes auront de facilités à accepter des postes de direction ou à s’en voir proposer.
iKP: La Suède est l’un des pays les plus égalitaires du monde. Quelle vous semble être la priorité quand il s’agit d’œuvrer à l’égalité en Suède ?
NS: Nous sommes peut-être à la pointe en matière d’égalité des sexes, mais il y a beaucoup à faire en ce qui concerne le marché de l’emploi, la politique de la famille et le monde de l’entreprise. Cela étant, pour moi, le principal problème en matière d’égalité des sexes, demeure celui de la violence des hommes envers les femmes.
C’est un droit fondamental dans la société que de pouvoir préserver son intégrité et d’être à l’abri de la violence physique. C’est avant tout une question de droits de l’homme. La lutte contre la violence faite aux femmes est donc une question prioritaire.
iKP: Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui exercent des responsabilités politiques ou aspirent à de telles responsabilités pour réussir leur carrière ?
NS: Je leur conseillerais de choisir le bon partenaire, quelqu’un qui puisse les aider à s’épanouir et qui soit prêt à assumer à égalité la responsabilité des enfants et du domicile familial. Je leur dirais : « N’ayez pas peur, croyez en vous, et surtout, entourez-vous d’amis mixtes », j’entends par là qu’il est important d’avoir aussi des amis hommes. Aujourd’hui, il existe divers types de réseaux dont les femmes sont exclues. Il faut donc qu’elles1 essayent de lier des amitiés avec des hommes et d’intégrer ces réseaux. Je suis certaine que les hommes sont tout aussi disposés à choisir une femme qu’un homme.


Une femme qui occupe un poste de leader est toutefois responsable, non seulement pour elle-même, mais pour toute femme appelée à l’avenir à être nommée à un poste clé.