Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les femmes de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord sont confrontées à un grand nombre de défis similaires à ceux que connaissent les femmes du monde entier, y compris le statut de citoyennes de seconde catégorie et la pénurie de ressources de base, telles que le temps et l'argent. La nature conservatrice de la région exacerbe ces difficultés, rendant tant la décision de participer ouvertement à la vie politique officielle que l'obtention du soutien public nécessaire pour remporter la victoire particulièrement délicats pour les femmes.

Même dans ces conditions, de plus en plus de femmes de la région se trouvent à un carrefour. Les changements politiques en cours offrent aux femmes l'occasion de bénéficier d'un plus grand pouvoir politique, ainsi que de prendre une part plus active au processus politique du pays. Bien que la région soit parmi les bonnes dernières du classement international en matière de participation politique des femmes, le pourcentage de femmes élues dans les parlements est passé de 3 à 8 % au cours des dix années écoulées. Les élections législatives qui ont eu lieu en 2005 au Liban ont vu la représentation féminine au parlement doubler de trois à six députés, composant un groupe de parlementaires d'une diversité impressionnante (quatre chrétiennes et deux musulmanes). Ce groupe recèle le potentiel de combler le fossé creusé par les divisions sectaires afin de faire évoluer la perception traditionnelle des femmes et de faire avancer la participation politique de ces dernières.

Tout en conservant leur caractère controversé, les quotas ont eu des effets positifs confirmés dans la région. Par exemple, le Parlement iraquien a mis en place en 2005 un quota de 25 %, qui exige qu'un candidat sur quatre présentés par les partis sur leurs listes électorales soit une femme, mesure qui s'est soldée par l'élection de 70 femmes sur 275 représentants. En Mauritanie, les réformes démocratiques récentes ont débouché sur l'adoption d'une loi exigeant de tous les partis politiques qu'ils réservent aux femmes 20 % des places sur leurs listes électorales. A l'issue des élections municipales et législatives de 2006 et des élections sénatoriales de 2007, les femmes constituent environ 30 % de l'Assemblée nationale mauritanienne et plus de 25 % du Sénat.

Les pays du Golfe ont récemment retenu l'attention en matière de participation féminine à la politique. En mai 2005, le gouvernement du Koweït a adopté une loi donnant aux femmes le droit de voter et de se présenter aux élections, l'Arabie Saoudite étant désormais le dernier pays du monde à refuser ces deux droits aux femmes. Les femmes koweïtiennes ont fait usage pour la première fois de leurs droits nouvellement acquis au cours des élections parlementaires anticipées de juin 2006. Bien que 28 femmes se soient présentées à l'élection et que nombre d'entre elles aient mené campagne tambour battant, aucune n'a été élue en 2006; toutefois, une femme a été nommée ministre et est devenue de plein droit membre du Parlement. Non seulement les candidats n'avaient que cinq semaines pour se préparer au scrutin, ce qui n'a pas donné aux femmes le temps nécessaire pour mobiliser l'électorat autour de leur candidature, mais la discussion s'est principalement centrée sur la question de la corruption et des limites de circonscriptions. Les femmes frappent aussi à la porte du monde politique ailleurs dans la sous-région. Aux élections parlementaires organisées à Bahreïn en novembre 2006, une femme, seul candidat de sa circonscription, a été élue à l'un des 40 sièges du Parlement.

La présence féminine est très variable et les femmes de la région devront encore mener bien des combats pour obtenir la participation politique à égalité avec les hommes. Dans les parlements de la Tunisie et d'Israël, par exemple, les femmes représentent 19 % des membres, en Egypte 2 % seulement et au Yémen, moins de un. Le militantisme féminin alimente toutefois un élan qui promet aux femmes un rôle plus central dans la vie politique. Les réformes politiques s'enracinant, les femmes continueront à s'imposer de plus en plus en tant que ferments du changement et pionnières d'un avenir politique meilleur et plus inclusif.

Pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord
Algérie
Arabie saoudite
Bahreïn
Egypte
Emirats arabes unis
Iran
Iraq
Israël
Jamahiriya arabe libyenne
Jordanie
Koweït
Liban
Maroc
Oman
Qatar
République arabe syrienne
Tunisie
Yémen

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