Le rôle des partis politiques
Que peuvent faire les partis politiques pour éliminer les obstacles financiers qui se posent aux politiciennes? Quelles réformes du financement des partis politiques sont le plus bénéfiques pour les femmes? Où et quand les partis politiques ont-ils appliqué les quotas de genre dans le but d’obtenir des fonds publics? Quels sont les exemples de stratégies fructueuses utilisées par les sections des partis de femmes pour permettre aux candidates d’accéder au financement?

Comments

Comment by akasse on Dim, 2008-10-26 11:21.
Procédures de désignation des candidats
Le rôle des partis politiques est particulièrement important, surtout dans les pays où les candidatures indépendantes ne sont pas autorisées.Malheureusement, dans les faits, même si cela n'est pas inscrit dans les statuts et procédures de désignation des candidats, les partis tiennent compte des capacités matérielles et financières des postulants. Pour certains partis (au Sénégal, au Burkina) chaque position sur la liste de candidature correspond à une somme d'argent qu'il faut verser au parti. Cela constitue un des premiers obstacles auquel les femmes sont confrontées. Pour faire passer leur candidature, certaines ont recours à l'aide d'un mentor, qu'il soit du parti ou non, pour payer leur position.Ce qui ne les dispense pas de chercher à nouveau des fonds pour mener leur campagne, ce qui constitue un autre challenge. Il est évident que le flou qui entoure la désignation des candidats et le non respect des procédures, quand elles existent ne favorisent pas les femmes. Lorsque les conditions sont claires, préalablement définies et respectées, non basées sur la situation financière des candidats, les femmes peuvent mieux se préparer et ont plus de chances de se faire désigner.Le plafonnement des dépenses de campagne constitue également un facteur favorisant la désignation des femmes. Aminata Faye Kasse Ouagadougou

Comment by Awa Fall Diop on Dim, 2008-10-26 23:33.
procédure de désignation des candidat(e)s et financement
je profite de cette occasion pour saluer ma soeur Aminata F. Kassé, soeur de combat pour les droits des femmes et pour l'égalité. Je voudrais dire, à ma connaissance, que ce n'est pas toujours le cas que des femmes, au Sénégal, versent de l'argent pour avoir une place sur les listes de candidature. Si la pratique existe, elle est peut être le fait de certains partis. Je suis une militante politique, j'ai occupé des fonctions électives et, Aminata doit être dans le même cas dans son parti, sans acheter ma place. Ce qui m'a valu cela, c'est la conscience que les femmes sont les piliers dans les processus de massification et de mobilisation politique au Sénégal du moins, et de lutter en consquence. J'ai dû affronter les hommes de mon parti, au plus haut niveau, pour être là où je suis aujourd'hui. Mais, généralement, les femmes sont utilisées comme masses de manoeuvre. Il est arrivé que des femmes aient été proposées comme candidates, elles ont refusé car, dans les processus de socialisation, il leur est enseigné qu'une femme ne doit pas diriger, parler en public, et autre. Tout comme, il arrive que des femmes remplissent le profil mais du fait de leur personnalité forte, les hommes les évincent, craignant qu'elles ne soient pas assez "correctes", c'est à dire maléables. D'autres femmes, leaders, convaincues de leur valeur reculent aussi des fois en pensant aux frais financiers de la campagne. C'est en partant de discussions avec des élues locales de toutes sensibilités politiques, que j'ai participé, comme consultante, à un programme sur "la participation des femmes à la vie politique locale et à la gestion des collectivités locales". A la suite de cela, au niveau de mon association,(Observatoire des Relations de Genre au Sénégal - ORGENS), nous avons un programme sur "genre, décentralisation et bonne gouvernance locale" pour lequel nous sommes en recherche de partenariat. Dans ce programme, il s'agit, à chaque étape du processus électoral, de saisir les enjeux pour les femmes, d'identifier les actions pertinentes et autres mesures à prendre. Il va de soi que la question financière demeure le noeud gordien à défaire afin que les femmes jouent pleinement les rôles qui sont les leurs dans la politique. Au Sénégal, le financement des partis n'est pas codifié par une loi et il n'y a pas de soutien de la part de l'état. Les fonds obilisés par les partis sont gérés dans une opacité extraordinaire et la part des femmes y est virtuelle. Je parle en connaissance de cause, étant une leader politique nationale. Alors, l'enjeu, c'est, comment accompagner les femmes, tout sensibilité politique confondue à être candidates? Une fois candidate, comment mettre en place un mécanisme d'appui financier sans discrimination politique, sur la base d'un contrat intégrant l'exigence de la bonne gouvernance, la prise en compte du genre et des besoins fondamentaux des femmes? Comment articuler ce contrat à un mécanisme de suivi et d'interpellation des élues qui ont été soutenues? La réflexion est en cours et attend des suggestions pour vraiment avancer. Je dois dire que je suis militante d'un parti, mais je suis d'abord militante des droits des femmes, de toutes les femmes, quelle que soit la race, la couleur, la religion, le pays.Et je collabore avec celles porteuse d'idées de progrès. Merci Awa Fall Diop PS : Aminata, namm naa la!