Groupes parlementaires

Femmes en Politiques 2010 (affiche)

Cette affiche de l’Union Interparlementaire indique le nombre de femme en politique à travers le monde à la date de janvier 2010. L’affiche fournit des informations relatives au nombre de femmes aux plus hautes fonctions de l’Etat, dans les ministères et parlements à travers le monde.

Entretien avec Otilia Lux de Coti, Ancienne Ministre de la culture et des sports du Guatemala

Soumis par iKNOW Politics le Mer Lun, 2008-10-06 13:11

Résumé: 

«Lorsqu’on s’engage en politique, on acquière une meilleure compréhension du pouvoir et l’on découvre que c’est là un objectif indispensable si l’on veut se faire entendre dans les décisions majeures. On porte un regard très différent de l’extérieur et de l’intérieur. Lorsqu’on est au cœur de la politique, on trouve une structure bien établie, et bien que cela soit un défi immense, ceux qui sont à l’intérieur doivent trouver un moyen de la rendre plus flexible et de la modifier. Lorsqu’on est à l’intérieur, on parle de changement, mais si l’on continue à parler de changement sans avoir le pouvoir, il ne se passera rien.»

Corps: 
iKNOW Politics: Non seulement vous êtes actuellement membre du Congrès, mais vous avez été Ministre de la culture et des sports du Guatemala de 2000 à 2004, et représentante permanente du Guatemala au Conseil exécutif de l’UNESCO. À quels défis avez-vous été confrontée en tant que femme autochtone lorsque vous occupiez ces fonctions? Comment votre situation et votre expérience vous a-t-elle aidé en tant que dirigeante? Otilia Lux Otilia Lux de Coti: Les femmes qui participent à ce genre d’activités dans des sociétés très conservatrices, comme celle du Guatemala, qui est une société raciste et machiste, sont confrontées à des défis majeurs. Il n’a pas été facile d’assumer une position de prise de décision politique comme celle de Ministre de la culture et des sports dans l’administration du Président Alfonso Portillo, dans une société qui ne s’attendait pas à voir une femme maya détenir un portefeuille ministériel. J’ai toutefois relevé ce défi, et j’ai constitué une équipe pluriculturelle et pluridisciplinaire pour montrer que le Guatemala est un pays divers. En suivant ce principe, nous avons rompu avec les anciennes méthodes, et lorsque nous prenions des décisions, nous nous sommes toujours fondées sur les principes de la réalité de l’administration publique. Non seulement nous avons garanti les aspects économiques et financiers du Ministère, mais nous avons formulé de nouvelles politiques culturelles en consultant d’autres secteurs. Nous avons changé les choses en adoptant une démarche active et ouverte à tous, car chacun s’est senti impliqué. Quand nous étions au pouvoir, nous sommes parvenues à démontrer aux hommes que les femmes sont tout à fait capables de diriger des politiques et des programmes, et en particulier de gérer un budget. Nous avons montré que nous, femmes autochtones, en plus d’être très capables, sommes très honnêtes. Jusqu’à mon mandat, le terme de «culture» était sacré, et les beaux arts étaient réservés à une élite. J’ai encouragé un changement radical de ce point de vue. Par exemple, nous avons demandé à la Symphonie nationale, qui est reconnue comme faisant partie de notre patrimoine national, de jouer dans un parc de la ville pour atteindre un public plus large et moins aisé, y compris des étudiants qui n’auraient pas la possibilité d’entendre cette musique ailleurs. L’un des éléments fondamentaux de nos politiques, y compris nos politiques nationales, est qu’elles sont participatives. À cet égard, notre direction a été très innovante. iKNOW Politics: Quel est la situation actuelle de la participation politique des femmes au Guatemala, dans les partis politiques et au gouvernement? Otilia Lux de Coti: Cette participation est très faible. Très peu de femmes autochtones ont la possibilité de devenir Membres du Congrès ou législatrices, ou de participer au niveau local. Actuellement, Rigoberta Menchú (une femme quiché-maya qui a remporté le Prix Nobel de la paix et le prix du Prince des Asturies pour la coopération internationale) tente de déterminer comment on pourrait mettre en place un groupe solide pour développer la vision politique d’une nation pluraliste soucieuse de n’exclure personne. Nous avons lancé ce processus cette année, si bien que d’ici quatre ans un parti politique sera créé. Les personnes autochtones seront les principaux acteurs de ce projet, qui impliquera également des personnes qui participent traditionnellement aux partis politiques. Bien entendu, nous veillerons scrupuleusement à ce que ceux qui participent à ce projet aient une vision progressiste et pluraliste, et qu’ils soient connus pour leur honnêteté. Il arrive que des personnes de réputation douteuse s’impliquent dans les partis politiques, et il faudra donc être très prudents dans la mise en place de ce projet. Bien que peu de femmes autochtones participent à la politique, on en trouve à certains postes clé: la présidente du Secrétariat à la paix, la Médiatrice chargée des questions des femmes autochtones, et à d’autres positions. Toutefois, dans l’ensemble, nous sommes loin de disposer d’une représentation et d’une participation solides dans la sphère politique. iKNOW Politics: le Guatemala n’a pas de loi sur les quotas. Des initiatives ont-elles été prises dans ce sens pour encourager les femmes autochtones? Le Congrès du Guatemala dispose-t-il d’un groupe de femmes parlementaires, comme d’autres pays? Si tel est le cas, ce groupe donne-t-il davantage de visibilité aux problèmes des femmes autochtones? Otilia Lux de Coti: En effet, la Loi sur les partis électoraux et politiques ne prévoit pas de quotas. Nous tentons actuellement de faire amender la loi pour y intégrer des quotas. Nous nous heurtons toutefois à une forte opposition, et c’est la raison pour laquelle nous faisons campagne, notamment auprès des dirigeants de tous les blocs politiques au Congrès, pour voir comment nous pouvons remédier à cette situation. C’est là un des grands défis auxquels les femmes sont confrontées au Congrès actuellement. Nous avons mis en place un groupe de femmes parlementaires cette année. Ce groupe est composé de 20 femmes maya et mestiza. Nous avons soutenu la loi contre le féminicide et avons obtenu qu’elle soit approuvée en avril 2008. De nombreux débats ont eu lieu à propos de cette loi. Notre stratégie a consisté à inviter des membres et des dirigeants de tous les partis, pour qu’ils se sentent intégrés et qu’ils comprennent et soutiennent cette loi. Bien entendu, de nombreuses femmes qui avaient été les conseillères de ces politiciens nous ont aidé, ce qui était une autre de nos stratégies. Nous sommes aujourd’hui quatre femmes autochtones au Congrès. Nous tentons de faire inscrire la «Consultation des populations autochtones» à l’ordre du jour législatif. Les femmes, en particulier les femmes autochtones, s’entretiennent avec les dirigeants des partis, et nous utiliserons les mêmes stratégies que pour la loi contre le féminicide. Ce projet de loi sur la «Consultation des populations autochtones» fait référence au droit, pour les populations autochtones, d’être consultées sur les décisions concernant l’exploitation des ressources naturelles sur leur territoire. Les populations autochtones seraient consultées avant qu’une concession soit accordée. Les populations autochtones doivent être informées à l’avance, et non pas quand le projet a déjà été autorisé. Il est clair que cette consultation doit inclure des informations sur l’effet des projets sur la santé, les questions de survie et les modes de vie actuels et futurs. Il sera essentiel d’assurer la transparence à toutes les étapes du processus. Heureusement, j’ai été soutenue par des personnes qui comprennent cette question et qui ont soutenu des activités semblables dans d’autres parlements, comme Raquel Irigoyen, qui a travaillé au Guatemala et comprend notre contexte. Elle nous aide actuellement à élaborer une proposition correspondant au contexte international et conforme aux instruments internationaux. Pour nous, ce serait la première véritable initiative entièrement destinée aux femmes autochtones, et nous allons déterminer comment les femmes mestiza peuvent nous aider. C’est ce que nous avons fait pour la loi contre le féminicide, pour laquelle 20 femmes se sont rassemblées. iKNOW Politics: En tant que membre du Congrès, quels autres projets pensez-vous promouvoir pour encourager la participation des femmes autochtones à la politique? Otilia Lux de Coti: J’aimerais d’abord élaborer une Loi sur la concession, car cette loi, générale, est étroitement liée aux populations autochtones, notamment aux femmes. J’aimerais aussi promouvoir l’incorporation, dans la Loi électorale et relative aux partis politiques, d’un article qui établirait un quota de 30 pour cent de femmes. Sur ces 30 pour cent, au moins 50 pour cent seraient réservés à des femmes autochtones, et 50 pour cent à des femmes mestiza. De cette manière, je serais satisfaite de ma contribution à l’égalité. Cette mesure traiterait la question de la parité – parité entre femmes et hommes et parité entre femmes autochtones et femmes mestiza. iKNOW Politics: A votre avis, quels sont les principaux obstacles auxquels sont confrontées les femmes autochtones en politique au Guatemala? Otilia Lux de Coti: En premier lieu, il n’existe pas de normes claires en matière de promotion des femmes. Ensuite, je pense que les partis politiques ne sont pas démocratiques, et qu’ils sont très conservateurs. Ils ne font place qu’aux hommes, et ne sont généralement pas ouverts aux femmes et encore moins aux femmes autochtones. Il arrive que les partis invitent une dirigeante, mais ils ne lui donnent jamais de véritable pouvoir. Parfois aussi, les partis invitent des femmes qui disposent de ressources financières et peuvent les soutenir. Au Guatemala, il est très rare qu’une femme soit invitée uniquement pour ses capacités à diriger. Il y a d’autres restrictions, comme la culture et le facteur économique. On doit garder à l’esprit qu’il faut beaucoup de ressources pour mieux faire connaître les dirigeantes. Cela implique de financer les campagnes de publicité, ce qui me ramène à la nécessité de réviser la Loi électorale et relative aux partis politiques, pour que l’Etat finance la publicité de tous les partis politiques. iKNOW Politics: pour en revenir au facteur culturel, s’agissant des populations autochtones en général, et des Guatémaltèques en particulier, y a-t-il des restrictions imposées aux femmes, en particulier à celles qui sollicitent des positions dirigeantes? En tant que femme maya, vous avez occupé avec succès des positions dirigeantes, pouvez-vous dire à nos lectrices comment vous avez fait face à ces difficultés? Otilia Lux de Coti: Oui, il y a des restrictions. Si une femme n’a pas l’occasion de sortir, si elle reste dans sa communauté et qu’elle ne connaît pas le mode de vie de la population mestizo, elle aura du mal à surmonter ces restrictions. Les femmes qui ont l’occasion de sortir et qui ont participé à la vie politique ou culturelle ou à d’autres domaines peuvent mettre en cause certaines choses. Dans mon cas, ma famille a soutenu mes choix. J’aimais la politique et heureusement, mon mari et mes enfants l’ont compris et m’ont soutenue. Je pense que c’est encourageant, non seulement pour les femmes qui ont du mal à participer à la vie politique, mais aussi pour les hommes. Aujourd’hui, les nouvelles générations, qui sont plus ouvertes au monde extérieur à nos communautés autochtones, demandent à participer, à s’extérioriser. À long terme, les choses changeront et les femmes autochtones participeront davantage aux structures communautaires et gouvernementales. iKNOW Politics: Vous avez été membre de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones de 2002 à 2004. Dans le cadre de vos fonctions, vous vous êtes occupée des questions autochtones au niveau international. Bien que des progrès aient été effectués en matière de mécanismes internationaux pour la protection des populations autochtones, en particulier les femmes autochtones, pensez-vous que des entités comme l’Instance jouent véritablement un rôle important? Quelles sont les faiblesses qui subsistent dans le cadre international en ce qui concerne la protection des femmes autochtones, et notamment leur droit de participer équitablement à la prise de décision? Otilia Lux de Coti: Je pense qu’il est temps que l’Instance permanente sur les questions autochtones donne leur place aux femmes qui participent à la politique. L’Instance devrait faire de cette question une priorité, et promouvoir les rencontres avec des politiciennes qui exercent des fonctions en Amérique latine et dans le monde, pour promouvoir un dialogue entre les femmes qui participent à ses activités. En plus de s’acquitter de son mandat, qui est réparti en six domaines de travail, l’Instance permanente devrait aussi inclure la sphère politique. Cette année, la priorité sera la question des changements et du réchauffement climatiques. L’année prochaine, la priorité pourrait être, par exemple, la manière de mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ou la manière de promouvoir la deuxième Décennie des peuples autochtones, sans négliger de surveiller la mise en œuvre de la Convention n° 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants. L’Instance traite de nombreuses questions liées à la participation politique des femmes, mais ce thème n’est pas encore un domaine de travail précis. C’est pour cette raison qu’il est essentiel de promouvoir le dialogue. Il faudrait aussi mettre davantage l’accent sur le renforcement des capacités des femmes. Beaucoup de femmes n’ont pas la possibilité de développer leurs compétences. L’Instance pourrait peut-être obtenir des fonds et promouvoir des accords continentaux pour rendre les femmes autochtones mieux à même d’exercer leur droit de participer à égalité à la vie politique. iKNOW Politics: De quelle manière votre carrière a-t-elle été influencée par les réseaux et le fait d’établir des contacts? Pensez-vous que les réseaux vous ont été utiles? Que pensez-vous de l’initiative de iKNOW Politics? Otilia Lux de Coti: iKNOW Politics est un réseau très important. Les liens et l’échange d’expériences entre groupes de femmes permettent de tirer parti des connaissances, et servent aussi de point de départ aux femmes autochtones pour leurs stratégies communes. Si tous les réseaux avaient le même objectif, celui de renforcer les capacités des femmes, cela permettrait aux femmes des réseaux de dépasser le fait d’être dirigeantes dans leur domaine pour participer à la politique, par exemple en soutenant une femme autochtone qui se présente à une fonction. Imaginez que toutes les femmes d’Asie se disent: «Si Rigoberta Menchú se présente au Guatemala, pourquoi ne pas l’aider?» Elles pourraient envoyer des messages de soutien et de solidarité. L’Equateur, où Nina Pacari est juge, est un autre exemple. Nous pourrions toutes l’aider et lui manifester notre solidarité. On pourrait faire de même pour d’autres femmes qui participent à la politique. Etre au pouvoir est extrêmement intéressant pour une femme, mais ce n’est pas encore très courant, et les réseaux de femmes et de femmes autochtones n’y consacrent que peu d’attention. Nous autres femmes, nous nous renforçons en nous soutenant mutuellement. Je pense que le renforcement des capacités des femmes doit être l’objectif principal de toute organisation fonctionnant en réseau. iKNOW Politics: Quelles sont vos suggestions aux jeunes femmes, en particulier aux jeunes femmes autochtones, qui aimeraient s’engager dans la vie politique, mais la perçoivent comme un monde distant auquel elles ont peu de chances d’accéder? Otilia Lux de Coti: Lorsqu’on s’engage en politique, on acquière une meilleure compréhension du pouvoir et l’on découvre que c’est là un objectif indispensable si l’on veut se faire entendre dans les décisions majeures. On porte un regard très différent de l’extérieur et de l’intérieur. Lorsqu’on est au cœur de la politique, on trouve une structure bien établie, et bien que cela soit un défi immense, ceux qui sont à l’intérieur doivent trouver un moyen de la rendre plus flexible et de la modifier. Lorsqu’on est à l’intérieur, on parle de changement, mais si l’on continue à parler de changement sans avoir le pouvoir, il ne se passera rien. Je voudrais inviter les femmes autochtones à relever le défi. Beaucoup de femmes autochtones préfèrent rester dans leurs organisations et y poursuivre leurs projets, mais ne passent pas à l’étape suivante. Grâce à nos organisations, nous pouvons demander des choses au gouvernement et faire des recommandations, mais nous sommes contrariées quand il ne réagit pas. Lorsqu’on est à l’intérieur du gouvernement, c’est différent. Même si l’on se heurte souvent à des lois qui nous entravent en tant que dirigeants, on peut avoir suffisamment de pouvoir pour susciter les changements dont nous avons besoin. Les femmes autochtones doivent participer à la sphère politique. Maintenant que je suis au Congrès, je me rends compte que nous sommes trop peu de femmes représentantes des peuples autochtones, ce qui rend nos actions et nos décisions trop difficiles. La raison en est que le parti qui dispose du plus grand nombre de membres élus est plus puissant. Par conséquent, je recommanderais à toute personne qui veut susciter des changements de participer sans avoir peur. Il est temps de participer à la politique. iKNOW Politics: Pour finir, à quel degré estimez-vous l’importance du premier Forum international des femmes autochtones à Lima, Pérou, notamment dans son évaluation de la participation politique des femmes? Otilia Lux de Coti: Tout d’abord, cette initiative était prise par des femmes organisées, et elle a donné l’occasion de prendre connaissance de nombreux progrès. J’ai de nombreuses années d’expérience du mouvement autochtone dans mon pays et en Amérique latine, et nous avons atteint un certain nombre d’objectifs. C’est là un fait indéniable et irréversible. Lors du séminaire, nous avons comparé nos expériences et renforcé nos stratégies dans chaque organisation, au sein du mouvement national et, bien sûr, en Amérique latine. Nous devons pourtant aborder d’autres questions. Il existe d’autres domaines, comme les politiques partisanes, que nous n’avons pas suffisamment abordé. Lors de cet événement, nous avons examiné non seulement les progrès réalisés, mais aussi les défis qui se posent. L’un de ces défis réside dans la nécessité de trouver davantage d’occasions directes d’échanger avec les autres groupes de femmes. Un autre défi consiste à renforcer le mouvement autochtone en Amérique latine, sur la base d’alliances entre nos groupes. Nous devons toutes partager nos acquis et renforcer notre alliance. D’autre part, en dehors de la participation à ces espaces, les femmes autochtones sont confrontées à des difficultés dans leur famille et leur communauté. Enfin, le fait de s’engager dans le gouvernement est un défi crucial. Le jeu en vaut la chandelle, car nous avons une expérience qui repose sur des valeurs et des principes, et il devient alors beaucoup plus difficile de nous imposer une défaite. Le fait de participer à un parti politique ne signifie pas que l’on sacrifie ses principes et ses valeurs. Au contraire, cela signifie défendre ses principes dans l’espace politique. Lors du séminaire, nous avons examiné les faiblesses de nos organisations. Souvent, nos organisations ne peuvent subvenir à leurs besoins. Nous devons les rendre durables, afin qu’elles deviennent plus fortes. La coopération internationale contribue toujours à nos activités, mais les agences de coopération internationale doivent aussi unifier leurs stratégies pour encourager les initiatives et éviter la duplication des efforts. Je crois que la coopération internationale doit être plus cohérente dans son soutien aux organisations féminines, et notamment aux organisations de femmes autochtones. Il y a 5 millions d’autochtones en Amérique latine. Je demanderais aux agences de coopération internationale de se consacrer davantage aux femmes autochtones et aux femmes d’ascendance africaine, afin que nous ayons aussi la possibilité de progresser là où les décisions sont prises et de renforcer nos capacités, nos compétences et notre potentiel intellectuel pour continuer à progresser.

Evaluer le Parlement: Outils d’auto-évaluation à l’intention des parlements

es outils d'auto-évaluation invitent les parlements à évaluer leur performance démocratique à la lumière d'un ensemble de critères découlant des valeurs centrales énoncées dans l'étude de l'UIP. L'objectif de ce travail ne consiste pas à classer les parlements, mais à les aider à évaluer leurs points forts et leurs points faibles sur la base de critères internationaux, dans le but de définir leurs priorités pour le renforcement de l'institution parlementaire.

Entretien avec Mónica Xavier, sénatrice uruguayenne et présidente du Comité de coordination des femmes parlementaires

Soumis par iKNOW Politics le Mer Mar, 2008-08-19 04:15

Résumé: 

“…pour se renouveler, il faut ouvrir plus de chemins aux femmes et aux femmes jeunes – par-dessus tout – dans le domaine de la politique, pour qu’elles s’en éprennent et y trouvent un espace où elles puissent non seulement exercer leur carrière politique, mais aussi s’épanouir dans d'autres aspects de leur vie ».

Corps: 
iKNOW Politics: Quels sont les défis que vous avez eu à relever en tant que femme occupant des postes de leader, d'abord en tant que sénatrice élue pour deux mandats en Uruguay, puis en tant que premier membre d’un congrès latino-américain à présider le Comité de coordination des femmes parlementaires ? Votre formation et votre expérience à des postes clés vous ont-elles aidée ? En quoi ? Xavier Mónica Xavier: Le plus grand défi pour moi est de formuler des propositions que tous – hommes et femmes – pourront adopter. En effet, la femme en politique a un double défi à relever : une politique de présence, mais également une politique de propositions, qui lui permette de transformer toutes les questions qui l’intéressent en questions intersectorielles assorties d’une approche sexospécifique. J’honore actuellement un second mandat au Sénat, et je crois réellement que dans mon pays, au sein du gouvernement actuel, la question de l’égalité prend racine dans les institutions. En mars 2005, M. Tabaré Vázquez, le candidat de la coalition de gauche Encuentro Progresista – Frente Amplio – Nueva Mayoría, a accédé à la présidence de l’Etat uruguayen. A partir de là, des mesures ont été prises pour commencer à faire de l’égalité un critère fondamental de la politique. Les femmes, sous-représentées au Parlement uruguayen (dont elles occupent entre 11 et 12 % des sièges, selon que l’on compte les députées en fonctions ou les députées élues), ont dû mettre en œuvre toute une série de stratégies pour valider et légitimer leur présence et pour être efficaces malgré leur faible représentation. J'ai quant à moi une longue carrière politique à mon actif – toute une vie consacrée à la politique. Dans ma famille, mon père était déjà en politique, puisqu’il a servi pendant les années de la dictature en Uruguay, ainsi qu’après le retour à la démocratie. La dictature en Uruguay a été pour nous l’occasion de mettre durement à l’épreuve notre engagement politique. iKNOW Politics: Quelques institutions font des recherches pour déterminer pourquoi le taux de femmes réélues à des postes politiques est si bas par rapport à celui des hommes. Or, vous êtes une politicienne qui s’est non seulement présentée à une réélection, mais qui l’a remportée. Que pensez-vous des statistiques qui font état d’un faible taux de réélection des femmes ? Comment expliqueriez-vous ce phénomène ? Mónica Xavier: Oui, je crois que nous avons là un problème. Toutefois, il ne s’est pas écoulé suffisamment de temps pour pouvoir évaluer non seulement les progrès accomplis dans les contenus des propositions des femmes, mais également pour faire le bilan de la durabilité des femmes en tant que leaders politiques dans la région. Ces dernières années ont probablement été placées sous le signe de la stabilité, puisque des femmes sont restées dans des sphères de prise de décision ; cela devrait nous permettre d'évaluer les meilleures pratiques et les domaines susceptibles d'amélioration. Il est beaucoup plus facile d'évaluer le rôle de la femme dans divers domaines de l'activité politique dans les pays qui ont longtemps enregistré un taux significatif et stable de représentation féminine, notamment au Parlement. Dans ce contexte, l’absence de continuité, voire les épisodes de régression, nous empêchent d'analyser correctement en quoi les femmes font évoluer les programmes politiques et ceux des partis. Il importe de souligner que, si nous ne pouvons demeurer à jamais aux postes que nous occupons, nous devons néanmoins tabler sur la continuité et le renouveau. Or, pour se renouveler, il faut ouvrir plus de chemins aux femmes et aux femmes jeunes – par-dessus tout – dans le domaine de la politique, pour qu’elles s’en éprennent et y trouvent un espace où elles puissent non seulement exercer leur carrière politique, mais aussi s’épanouir dans d'autres aspects de leur vie. Il ne m’appartient pas de décider de postuler un nouveau mandat : c’est le congrès de mon parti qui élit des candidats et qui présente ensuite aux électeurs une liste fermée composée d’hommes et de femmes. Les candidatures et la teneur des listes sont toutes deux définies au sein du parti auquel j'appartiens. Et j’ajouterai un point tout aussi important : je crois que nous autres femmes devons, lorsque nous occupons un poste particulier, continuer d’être celles que nous étions avant d’y être nommées. Naturellement, ce commentaire est aussi valable pour les hommes. Or, lorsque nous autres femmes pénétrons dans un espace masculinisé, nous risquons d'adopter ces comportements et modalités de travail mêmes que nous avions décriés avant d’être élues. Nous devons être sur nos gardes, pour que, au-delà des obstacles que nous puissions rencontrer sur notre lieu de travail, nous ne renoncions pas à notre style, en nous efforçant de faire changer les choses, et non le contraire. En ce qui me concerne, je n'ai pas renoncé à ma profession, qui pourrait aussi être mon gagne-pain. Je suis cardiologue et je continue à exercer, bien que, naturellement, dans une très faible mesure, puisque je n'ai pas beaucoup d'heures en semaine à consacrer à ma profession. Mais pour moi, il s’agit là d’un signal ou d’un message clair que j’envoie aux citoyens et sur lequel il convient d’insister. Je leur dis : vous vivez pour la politique, mais vous n’en vivez pas – surtout à un moment où la politique a peu de prestige dans le monde. Bien entendu, je suis aussi maîtresse de maison et chef de famille, et j'assure tous les jours ma part de tâches domestiques. iKNOW Politics: Quel est l'état actuel de la participation des femmes en politique en Uruguay, tant au sein des partis que des pouvoirs de l’Etat ? Mónica Xavier: Je dis toujours que le premier obstacle rencontré par les femmes désireuses de participer à la vie politique est celui des partis, qui n'offrent pas d’endroits « habitables ». Il ne s’agit pas seulement pour nous d’occuper des postes dans les sphères du pouvoir et de la prise de décisions – ce qu’au demeurant, nous ne faisons pas assez. Il s’agit aussi de parvenir à un équilibre qui permette aux hommes d’accomplir des tâches qui ont trait à la famille et au foyer. C’est cela qui permettra aux femmes de cesser d’assumer à elles seules une double responsabilité. Il nous faut une meilleure répartition des rôles, et il faut que nous cessions de perpétuer le rôle de la femme procréatrice et celui de l’homme producteur. À cet égard, je crois que les partis politiques en Uruguay ont besoin de se renouveler de fond en comble. J'appartiens au Parti socialiste, qui applique depuis quinze ans une politique d'action positive, ce que la présente législature, où nous représentons la coalition au pouvoir, met bien en évidence. Mon parti est celui qui compte le plus grand nombre de femmes à des postes de responsabilité ou assumant des rôles peu conventionnels : ainsi, l’ex-ministre de la défense était une femme de mon parti, de même que l’actuel ministre de l'intérieur ; quant à moi, je suis une des quatre sénatrices de la République. Le Parti socialiste est le parti qui a la plus forte représentation de femmes dans ses listes de candidats. Si tous les partis politiques appliquaient réellement des mesures d’action positive, nous n’aurions pas à endurer le fait que, pour la première fois depuis le retour à la démocratie, la participation des femmes au parlement a perdu du terrain, et ce en termes tant quantitatifs que qualitatifs. Sur les trois partis représentés par des femmes au parlement, il n’en reste que deux. Nous avons longuement étudié, ces dernières années, le rôle que la société et les organisations non gouvernementales devraient jouer dans la promotion des questions concernant la parité et l'égalité des chances. A mon avis, nous avons négligé la responsabilité des partis politiques. Fort heureusement, la situation est en train de changer et nous comprenons désormais que nous avons tous un rôle à jouer – la société civile, l’Etat, les partis et les institutions. En Uruguay, les partis politiques sont très forts. C’est la raison pour laquelle, si l’on exclut la période de la dictature, la démocratie a toujours été très stable. Si les partis n’induisent pas un véritable renouveau, il sera d’autant plus difficile de le mettre en œuvre. Actuellement, que ce soit au parlement national ou municipal, les candidates finissent essentiellement par occuper des postes de substitut. Les hommes en fonctions permettent tout juste aux femmes d’y accéder le 8 mars. Quant au pouvoir exécutif, les femmes en ont été absentes pendant de longues périodes. Or, sous cette administration, 30 % des postes à responsabilité sont occupés par des femmes. Ce fait a déjà à lui seul un formidable impact. Il montre, en toute transparence, que la présence d’une volonté politique permet de transformer les institutions. Les partis politiques n’étaient pas disposés à faire de la place aux femmes. Or, le Président de la République, M. Tabaré Vázquez, qui désigne la composition de son cabinet, l’a été. Il est évident que nous aspirions à davantage et que nous aurions souhaité une parité complète, mais il nous faut bien reconnaître que nos acquis actuels sont inédits dans l'histoire du pays. iKNOW Politics: En dépit d’un faible nombre de membres, la Commission bicamérale de femmes uruguayennes a enregistré des résultats significatifs. Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’une commission de femmes parlementaires obtienne des résultats concrets au chapitre de la promotion de la femme ? Mónica Xavier: Nous avons huit années d'expérience de la mise au point d’initiatives au sein de la Commission de l'égalité, de la Chambre des députés et de la Commission bicamérale de femmes. Il s’agit d’une expérience relativement nouvelle, mais très positive. Nous avons accompli des progrès et trouvé des solutions en faveur des femmes. Nous autres femmes parlementaires sommes engagées dans un long processus de travail, tout d'abord, en réunissant toutes les femmes ayant une approche sexospécifique, puis en définissant les stratégies qui mettent en évidence ce qui nous unit. Ce travail ne signifie pas d’exclure ce qui ne nous unit pas, mais plutôt d’indiquer que nous allons travailler d'une certaine manière sur une certaine question et que nous allons le faire ensemble, parce que, ce faisant, nous aurons un autre impact sur la société. Nous montrons notre force lorsque les citoyens voient qu’au-delà de nos différends idéologiques – que nous ne manquons pas d’avoir, et auxquels nul ne renonce – nous pouvons travailler sur d'autres questions, sur lesquelles nous nous entendons. Ainsi, nous unissons nos forces pour la question de la violence familiale et de la violence à l’égard des femmes. Ce sont là des dossiers que nous traitons comme un programme de travail conjoint. Naturellement, toutes les femmes ne sont pas en faveur de la Loi sur la participation politique, que nous avons présentée en mars 2007, et qui pourrait être examinée dès cette année au sein d’une des commissions spécialisées du sénat. Cette loi vise à mettre en œuvre un rapport de 70-30 dans tous les organes, partis politiques et secteurs de représentation publique. Certaines femmes ne l’approuvent pas, si bien que nous avons là un sujet de débat. Nous avons rallié à notre cause certains hommes qui croient, tout comme nous, qu'il est important d'avoir des lois garantissant l'égalité des chances et l’accès des femmes à la vie politique, mais nous devons poursuivre notre travail pour trouver un consensus solide parmi les femmes parlementaires. De même, nous n’avons toujours pas trouvé de consensus auprès des femmes parlementaires sur le projet de loi sur les droits sexuels et procréatifs, qui contient dans un chapitre une réglementation dépénalisant dans certaines circonstances l’avortement en Uruguay – et nous ne parvenons pas à voter toutes d’une même voix. Être femmes ne signifie pas automatiquement être toutes d’accord sur les diverses questions pour lesquelles nous avons milité dans l’histoire. iKNOW Politics: Les quotas en faveur des femmes ou les lois sur les quotas ont été un mécanisme très positif pour promouvoir la présence des femmes en politique dans de nombreuses régions du monde. L'Uruguay n'a pas de loi sur les quotas. D’après votre expérience, croyez-vous qu’une telle loi soit nécessaire ? Mónica Xavier: Très nécessaire, c’est pourquoi j'espère vivement que le sénat examinera et approuvera sans tarder cette loi qui, comme je l'ai déjà dit, garantirait un rapport de 70-30. Il faudra ensuite l’approuver en deuxième chambre. Dans notre pays, des lois de ce type requièrent une majorité qualifiée pour certains des articles, parce qu'elles portent modification de la loi électorale. Je suis persuadée que les pays qui peuvent garantir une participation équitable des femmes à la vie politique sans avoir besoin de quotas parce qu'ils ont un niveau ou une histoire différents des nôtres – la Finlande, le Danemark ou Cuba – sont rares. Dans d’autres pays, c'est-à-dire dans ceux où les femmes occupent désormais une part significative des sièges au parlement, ce résultat a été obtenu grâce à des quotas et autres mesures d'action positive. L’Uruguay a de surcroît approuvé sans réserve la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et son Protocole facultatif. Nous sommes donc habilités en droit à transposer ces instruments en lois et réglementations nationales. iKNOW Politics: D’après votre expérience, quelles sont selon vous les meilleures stratégies pour intégrer les hommes dans les processus de promotion de l’égalité des sexes, en particulier dans le domaine de la participation politique ? Mónica Xavier: Beaucoup d'hommes n'ont pas besoin d'être persuadés car ils comprennent très bien que nous autres femmes ne voulions pas être présentes pour le principe, mais parce que la démocratie ne peut être que renforcée lorsque les femmes – qui représentent 52 % de la population – sont élues directement par les citoyens et non simplement représentées par les hommes. D’autres hommes en revanche ont besoin de discuter de ce qui, manifestement, relève d’une lutte pour le pouvoir. Nous devons donc travailler non seulement pour nous faire de la place, mais aussi pour nous inscrire dans la durée, ce qui s’obtient, à mon sens, dans le cadre d’un débat idéologique. Il s’agit d’une question profondément idéologique et pas nécessairement partisane – ce sont là deux choses à ne pas confondre. iKNOW Politics: Quel type d'influence les réseaux ou le réseautage ont-ils eue sur votre carrière ? Les estimez-vous utiles ? Que pensez-vous de l'initiative iKnow politics ? Mónica Xavier: Ils sont essentiels. Il ne saurait y avoir de progrès si nous ne créons pas des réseaux de solidarité, d'information et d'appui pour les femmes. Ils nous permettent de nous tenir informées, de nous instruire, de nous hisser sur la scène politique et d’y demeurer. Je crois que l'initiative des cinq organismes qui ont fondé iKnow politics nous fournit un outil qu‘il convient de faire connaître, pour qu’il soit dûment utilisé et que nous puissions en tirer les avantages escomptés. iKNOW Politics: Que conseilleriez-vous aux jeunes femmes qui s’intéressent à la politique mais qui perçoivent ce monde comme distant et difficile d’accès ? Mónica Xavier: Ce qui est facile n’exige aucun effort ; ce qui est difficile exige en revanche des efforts, mais ils en valent la peine, parce qu’en occupant un poste de décision politique, on peut faire changer les choses. Je suis médecin de profession, ce qui me permet d’allonger la vie des personnes, mais non de leur donner le bonheur. En politique toutefois, il est possible de transformer la vie des êtres humains et de les rendre plus heureux. iKNOW politics: Enfin, en ce qui concerne votre mandat au sein de l'Union interparlementaire, qui est sur le point de prendre fin, quel souvenir aimeriez-vous que l’on garde de vous ? Quel précédent croyez-vous avoir créé ? Mónica Xavier: Les chances de travailler deux années d’affilée dans un environnement comme le mien, de portée mondiale, sont rares. Aussi voudrais-je que toutes les femmes qui ont pris part aux différentes activités que j'ai présidées gardent de moi le souvenir d’une personne qui leur a toujours permis de s'exprimer. Je crois que l’écoute et le dialogue dans les environnements où se réunissent des femmes de cultures et de statuts très différents nous permettent de mieux nous entendre, de cultiver nos liens et de mettre sur pied des processus. Sans entente ni dialogue, nous ne pouvons pas avancer sur les questions fondamentales que sont la paix dans le monde, un meilleur partage des connaissances et de la technologie, des conditions de collaboration améliorées et plus équitables. Nous autres femmes avons un rôle très important à jouer en contribuant au dialogue et à l'harmonie dans le monde. Je voudrais que l’on se souvienne de moi dans ces termes, c'est-à-dire comme quelqu'un qui ne s'est jamais refusé à la possibilité d’un dialogue.

Egalite des sexes et promotion de la condition de la femme: Le role des commissions parlementaires

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Dans le cadre de ses efforts visant à renforcer l’aptitude des parlements à promouvoir l'égalité des sexes et le respect des droits des femmes, l'UIP a organisé un premier séminaire d’instances parlementaires traitant de l’égalité des sexes. On trouvera dans la présente publication les contributions des experts, des extraits des débats et le résumé et les recommandations de la Rapporteuse du séminaire.

Egalite des sexes et promotion de la condition de la femme: Le role des commissions parlementaires

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Dans le cadre de ses efforts visant à renforcer l’aptitude des parlements à promouvoir l'égalité des sexes et le respect des droits des femmes, l'UIP a organisé un premier séminaire d’instances parlementaires traitant de l’égalité des sexes. On trouvera dans la présente publication les contributions des experts, des extraits des débats et le résumé et les recommandations de la Rapporteuse du séminaire. http://www.ipu.org/PDF/publications/wmn_seminar06_fr.pdf

La République Démocratique du Congo

Groupe des femmes politiques et de la societe civile congolaises

Lourdine

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Soumis par Lourdine le Mer Dim, 2007-03-04 19:25

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Caucuses of Women Parliamentarians

Soumis par iKNOW Politics le Mer Mar, 2007-02-20 11:48

***Insert French Version***

Though often less formal in nature, caucuses of women parliamentarians have proven to be useful mechanisms for building consensus amongst women representatives across party lines on a variety of issues.