Zambie

Réponse récapitulative sur l'impact de la religion sur l'aptitude des femmes à jouer le rôle de dirigeantes dans la vie politique

La présente réponse récapitulative met l'accent sur l'impact des traditions religieuses et de la religion sur la participation politique des femmes. Elle décrit également la participation des femmes aux institutions et aux partis politiques religieux, ainsi que la résistance dont font preuve les femmes à l'égard des limites que pose la religion à leur participation politique.

Zambie - Une femme à la conquête du pouvoir

Soumis par iKNOW Politics le Mer Lun, 2011-08-15 04:41

Résumé: 

Edith Nawakwi, la première femme et seule candidate à l’élection présidentielle zambienne prévue pour septembre 2011, au site IPS le 10 août 2011. Cette économiste de 52 ans est la présidente du Forum pour la démocratie et le développement  (FDD), un parti d’opposition, qu’elle dirige depuis 2005. En 2001, elle avait quitté le parti au pouvoir, le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD), pour protester contre une nouvelle candidature de l’ancien président zambien Frederick Chiluba décédé en juin 2011. Une partie de la société civile avait également participé à ce mouvement et réclamé notamment une plus grande participation des femmes à la vie politique.

Corps: 

Pour plus d'informations, veuillez visiter le site web de slateafrique


PNUD: le vote en Zambie

Soumis par iKNOW Politics le Mer Mar, 2011-05-10 22:00

Résumé: 

À l’occasion de sa première visite en Zambie, Rebeca Grynspan, Administratrice associée du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a lancé un appel aux 5,2 millions d’électeurs inscrits pour les encourager à se rendre aux urnes lors des prochaines élections législatives. Le PNUD administre un fond de 21 millions de dollars pour appuyer la Commission électorale en Zambie dans l'accomplissement de son mandat, par le biais, entre autres, de l’introduction de la technologie biométrique qui a permis d’inscrire quelque 1,3 million de nouveaux électeurs ; de la prise en charge du suivi efficace des médias et de l’éducation des électeurs ; ainsi que de l’organisation du dialogue entre les différents partis pour promouvoir la participation électorale des femmes.

 

Corps: 

Pour plus d'informations, veuillez visiter le site web du PNUD


ONU: Une experte appelle la Zambie à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes

Soumis par iKNOW Politics le Mer Dim, 2010-12-19 23:00

Résumé: 

La Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Rashida Manjoo, a appelé les autorités de Zambie à ratifier les principaux textes internationaux relatifs à la défense des droits des femmes et à les mettre en œuvre, notamment la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et le Protocole sur le droit des femmes de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples

Corps: 

Pour plus d'informations, veuillez visiter le site web de UN


Entrevue avec Regina Musokotwane, députée au Parlement de Zambie

Soumis par iKNOW Politics le Mer Ven, 2009-07-03 06:16

Résumé: 

J'ai appris qu'il faut écouter les gens. Certains dirigeants sont persuadés qu'ils ont tout compris et ils disent à tout le monde ce qu'il faut faire. Pour ma part, j'écoute mes concitoyens.

Corps: 

iKNOW Politics: Vous êtes députée et présidente du groupe parlementaire des femmes. Comment votre formation et votre expérience dans l'enseignement vous ont-elles permis de relever les défis de vos fonctions actuelles? Musokotwane

Regina Musokotwane: En tant qu'enseignante, la plus grande difficulté était peut-être d'avoir dans ma classe des enfants de milieux différents et je trouvais que ces différences n'étaient pas justes. Même si j'enseignais en ville parce que j'étais mariée et que je vivais le plus souvent en ville, j'ai grandi en zone rurale et j'ai beaucoup pensé à ces zones rurales; je suis souvent retournée au village pour voir comment vivent les gens. Mon mari est entré en politique en 1973, lorsqu'il a été élu au Parlement. Je l'ai aidé dans sa circonscription, tout en continuant à enseigner.

Pendant les vacances, je l'accompagnais dans sa circonscription; je voyais la souffrance des femmes à l'hôpital. Au terme de son mandat, j'étais toujours fonctionnaire. Puis, lorsque mon mari est décédé en 1996, on est venu me demander de prendre sa place dans la circonscription. Au début, j'ai refusé, puisque j'étais encore en fonctions. En 1999, j'ai remis aux autorités une demande de retraite anticipée pour pouvoir entrer en politique et j'ai pu partir, prendre ma retraite et faire de la politique. J'avais l'habitude d'accompagner mon mari et je l'ai vu faire: il a construit des écoles, il a construit des dispensaires; depuis lors, d'autres députés sont venus, mais les choses n'ont pas beaucoup changé. Alors je me suis dit que si je me lançais en politique, je pourrais reprendre le témoin de mon mari. J'en suis à mon second mandat et je crois avoir fait avancer les choses: nous avons désormais un lycée dans ma circonscription, une première depuis notre indépendance.

Nous sommes maintenant en train de construire un centre de formation professionnelle, que nous n'avions pas encore. Comme nous sommes une commune rurale, le taux d'illettrisme est très élevé, car la plupart des écoles vont jusqu'à la 5e (12 ans) ou la 3e (14 ans), les enfants n'ayant pas la possibilité d'aller plus loin. Maintenant, nous avons un lycée. Ceux qui s'arrêtent après la 5e ou la 3e peuvent aller au centre de formation et devenir charpentiers, maçons, agriculteurs. Comme ça, ils pourront subvenir à leurs besoins. Je crois avoir obtenu des résultats, bien que je souhaite la création de deux autres lycées dans ma circonscription pour être tout à fait satisfaite.

iKNOW Politics: Quelle est la situation des femmes en Zambie et quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées du fait d'être femme et comment les avez-vous surmontées?

Regina Musokotwane: La seule façon de surmonter ces problèmes est de les prendre de front. Il ne faut pas s'occuper de ce que disent vos homologues masculins. Lorsque je suis entrée en politique en 2000, nous étions 8 candidats. Sur les 8 candidats, il y avait 2 femmes et 6 hommes; l'autre femme était déjà députée et se représentait. C'est donc moi qui avais la tâche la plus difficile. Je n'ai pas tenu compte de l'avis des hommes, qui disaient: “Vous savez, elle est veuve et c'est elle qui a tué son mari”, mais j'avais déjà dit que pour moi, la question n'est pas de savoir qui est qui. J'ai décidé de faire de la politique parce que je veux aider les gens. Voilà quels sont leurs problèmes; je connais leurs problèmes parce que je vis avec eux.

La plupart des hommes qui se sont présentés venaient de la ville. Ils venaient d'endroits où les habitants ont de l'eau potable et de l'électricité; leurs enfants vont dans de bonnes écoles, avec de bons enseignants. Comment pourraient-ils aider ces gens-ci? Ils n'ont pas vécu avec eux; ils ne savent pas ce qu'ils ressentent. Alors, je leur ai dit qu'il vaut mieux être représenté au Parlement par une femme que par un homme parce qu'une femme comprendra mieux les autres femmes. Vous savez, dans ma circonscription, il y a encore des femmes qui se lèvent à 4 heures du matin pour aller chercher de l'eau et ne reviennent qu'à 10 ou 11 heures.

iKNOW Politics: Vous faites votre second mandat au Parlement et vous êtes Vice-présidente de la Commission constitutionnelle. Votre manière d'assumer des responsabilités a-t-elle changé depuis l'époque où vous accompagniez votre mari en campagne?

Regina Musokotwane: Je ne crois pas avoir changé ma façon d'exercer les responsabilités parce que je suis restée la même. Si je change de style, je risque de me tromper, je risque de ne pas faire ce que l'électorat attend de moi. Je dois rester la même si je veux garder la confiance de mes électeurs. Je n'ai pas du tout besoin de changer et je crois que jusqu'à présent, ça a bien marché.

iKNOW Politics: Si vous deviez donner un conseil à une jeune femme qui se lance en politique, que diriez-vous que votre expérience vous a appris?

Regina Musokotwane: J'ai appris qu'il faut écouter les gens. Certains dirigeants sont persuadés qu'ils ont tout compris et ils disent à tout le monde ce qu'il faut faire. Pour ma part, j'écoute mes concitoyens. Entre chaque session du Parlement, je vais à la rencontre de mes électeurs pour qu'ils me disent ce qu'ils veulent et pour leur dire pourquoi ce qu'ils ont demandé n'a pas été fait. Je dois leur expliquer, leur rendre compte. Je commencerais par ça: aller voir les gens et les écouter. Ensuite, je dois aller au Parlement et me faire l'écho de ce que les gens m'ont dit et ce que les gens veulent.

C'est comme ça que j'ai obtenu le centre de formation professionnelle et le lycée. Il faut savoir se rendre accessible. Je ne voudrais pas qu'on dise: “non, notre députée est là-haut, on ne peut pas l'approcher, on ne peut pas lui parler”. Pour que les gens puissent venir me voir, ils doivent me sentir proche. C'est pour moi la seule façon de comprendre ce qu'ils me disent et pour eux la seule façon de comprendre ce que je leur dis. Quand je suis avec eux, nous devons parler de choses qui les concernent, pas de ce que j'ai vu ailleurs.

Si une femme veut faire de la politique, elle doit absolument écouter ce que les gens veulent. Il ne faut pas faire ce qu'on pense que les gens veulent, mais bien ce que les gens demandent. Ensuite, il faut se mettre au niveau de son électorat. Il faut aussi commencer à temps. La plupart des femmes qui entrent en politique le font quand le parlement est dissous, et là, ce n'est pas facile pour une femme. Si elle a l'intention de se présenter, elle doit commencer avec 2 ou 3 ans d'avance. Dans la mesure du possible, pendant les 5 années qui précèdent l'élection, elle doit aller voir les électeurs, s'identifier à eux et passer beaucoup de temps avec eux; il faut essayer de les aider quand ils en ont besoin.

Pour ma part, je suis allée voir mes électeurs pendant les 2 années qui ont précédé ma retraite, alors que j'étais encore fonctionnaire. A l'époque, les fonctionnaires n'avaient pas le droit de faire de la politique. J'ai constitué une équipe et lui ai donné les moyens dont elle avait besoin et, pendant deux ans, mon équipe a sillonné la circonscription en parlant de moi et de ce que je ferais si j'étais élue. Au moment de ma retraite, le gros du travail avait déjà été fait. Voilà ce que devrait faire cette jeune femme. Elle ne doit pas attendre la dernière minute car les choses sont plus difficiles pour les femmes, puisque nous n'avons pas beaucoup de ressources. Les hommes ont beaucoup d'argent qu'ils peuvent utiliser pour soudoyer et acheter des faveurs mais nous autres femmes devons commencer à temps, de telle sorte qu'en deux ou trois ans les gens nous connaissent et savent qui nous sommes.

Même si un homme amène des fortunes, ils sauront que cet homme les achète et ils se tourneront vers la femme. La jeune femme qui se lance en politique doit commencer bien avant les hommes, elle doit être proche de son électorat et écouter les gens. Moi, je dis toujours à mes électeurs que ce n'est pas parce qu'ils ont voté pour moi que je suis plus intelligente qu'eux ou que j'en sais plus, non, ce n'est qu'en unissant leur savoir et le mien qu'on pourra agir.

iKNOW Politics: Vous êtes la présidente du groupe parlementaire des femmes. Est-ce que l'aide que vous ont apportée d'autres femmes vous a été utile dans votre carrière?

Regina Musokotwane: Au cours de la dernière législature, j'étais secrétaire du groupe des femmes et pendant celle-ci j'en suis la présidente. Nous rencontrons régulièrement les autres membres du Parlement, nous échangeons des notes; en fait, nous aurions voulu, nous rendre visite dans nos circonscriptions, mais malheureusement, nous n'avons pas les moyens car nous ne sommes pas une commission parlementaire et ne sommes pas financées par le Parlement. Nous devons chercher des fonds ailleurs. Nous voulons nous entraider en nous rendant dans d'autres circonscriptions, nous aider à faire campagne. Nous n'avons pas renoncé à chercher des fonds, nous cherchons encore. Nous participons aussi à de nombreux ateliers et nous écrivons des rapports pour que nos collègues voient ce qu'il est possible de faire dans une circonscription.

iKNOW Politics: Etes-vous fière de l'une de vos réalisations pour les femmes dans le cadre de votre travail en politique?

Regina Musokotwane: Ma plus grande réalisation pour les femmes de ma circonscription est le lycée parce que de nombreux enfants se mariaient après la 3e. Avec ce lycée, les enfants vont jusqu'au terme du secondaire. Il y a aussi le centre de formation professionnelle, qui permet à ceux qui n'ont pas un niveau d'éducation élevé de recevoir une formation et je vais veiller à faire respecter la parité: moitié filles et moitié garçons, je vous le garantis. J'ai dit au gouvernement, et ça a fait rire le ministre de l'Education, que lorsque le lycée sera construit, nous n'accepterons aucun enfant d'une autre circonscription tant que les enfants de la nôtre n'auront pas tous une place, ce n'est qu'ensuite que nous penserons aux autres.

Je crois que c'est une grande réalisation pour les femmes et je vais insister auprès du ministère pour qu'au moins la moitié des élèves soient des filles, je suis sûre que c'est possible. Je pense aussi à une autre réalisation. Avant d'être députée, j'étais membre d'une organisation de femmes appelée le Forum zambien pour l'éducation des femmes, une organisation de portée mondiale ayant son siège à Nairobi. Le Forum a bien fait comprendre au gouvernement qu'il faut donner une seconde chance aux jeunes filles qui tombent enceintes pendant leur scolarité et aujourd'hui la Zambie en a fait une politique. Si une fille tombe enceinte pendant sa scolarité, elle peut revenir à l'école après l'accouchement. Tous les directeurs d'école savent qu'elles doivent retrouver leur place à l'école et ça, c'est vraiment quelque chose dont je suis fière.


Entretien avec Violet Sampa Bredt, parlementaire zambienne

Soumis par iKNOW Politics le Mer Mar, 2009-06-23 16:51

Résumé: 

Je crois que les femmes sont des femmes, où qu’elles se trouvent, et que si certaines en Europe, en Amérique ou en Australie ont avancé dans certains domaines, nous devons être prêtes à entrer en contact avec elles pour pouvoir échanger des informations et nous manifester notre solidarité. C’est ainsi que je conçois le fonctionnement de ce réseau de femmes.

Corps: 
iKNOW Politics : Quand vous êtes entrée en politique, vous veniez d’un domaine un peu différent, l’Eglise. Vous avez été la première femme africaine ordonnée de l’Eglise unie d’Afrique et ensuite, vous êtes entrée en politique. Vous êtes aujourd’hui parlementaire et vice-présidente du groupe des femmes. Pouvez-vous nous dire en quoi votre passage par l’Eglise vous a aidée comme parlementaire ? Violet SampaSampa Violet Bredt : Je dois dire que ce fut très intéressant de venir d’un milieu ecclésiastique. J’ai été la première femme pasteur à être ordonnée à l’Eglise unie d’Afrique et la première femme à être ordonnée tout court en Afrique. C’était un vrai défi de briguer le ministère dans l’Eglise parce qu’à cette époque, être acceptée à l’ordination quand on était une jeune femme, c’était une chose inouïe. J’ai rencontré pas mal de difficultés mais je les ai surmontées et j’ai servi fidèlement mon Eglise à différents niveaux pendant cinq ans. J’ai atteint le degré le plus élevé qu’on puisse imaginer dans l’Eglise car j’ai été aux commandes du Conseil œcuménique des Eglises pendant sept ans et sous-secrétaire du Conseil des Eglises de Zambie pendant dix ans. Après avoir démissionné de mes fonctions dans l’Eglise, j’ai pensé rentrer à la maison, me reposer et m’occuper de ma famille car, à cette époque, je n’étais pas souvent à la maison et mes enfants ne me voyaient pas beaucoup. Mais j’ai réfléchi : « les garçons ont grandi. Qu’est-ce que je ferais à la maison ? » Les gens de ma communauté, tant à l’Eglise que dans la société, me demandaient de revenir à la vie active. En politique, suggéraient-ils, ou dans l’Eglise comme volontaire. Je faisais déjà du bénévolat. iKNOW Politics : Qu’est-ce qui vous a incitée à entrer en politique ? Sampa Violet Bredt : Dans ma localité, je me suis aperçue que je pouvais effectivement entrer en politique et faire certaines choses. C’est ainsi que mon intérêt pour la politique s’est éveillé, mais je ne savais pas exactement à quel parti me rallier. J’ai beaucoup réfléchi et, en observant ce qui se passait en Zambie, je me suis rendu compte que l’un des partis politiques – le Front patriotique – et son programme me plaisaient beaucoup. Il parlait de questions sociales et voulait un changement pour les pauvres de Zambie. Je me suis dit : « c’est plus ou moins le travail que je faisais à l’Eglise, je pourrais peut-être essayer de l’aborder cette fois d’un point de vue politique ». C’est ainsi que je suis entrée en politique et c’était très intéressant. La difficulté, c’était de gagner une élection. Comment fallait-il s’y prendre pour convaincre les électeurs ? J’avais très peu d’expérience en la matière. Plusieurs hommes se présentaient dans la circonscription à laquelle j’avais été assignée et, heureusement, c’est moi qui ai obtenu le plus grand nombre de voix. Je me suis retrouvée au parlement fin 2006. C’est comme cela que je suis entrée en politique. Et c’est extrêmement intéressant d’être parlementaire : on apprend une foule de choses. A la différence de l’Eglise où j’étais axée sur la vie de l’Eglise et où mon action ne pouvait toucher ou transformer que ma communauté, au parlement, on traite des questions les plus diverses qui se posent dans d’autres régions du pays et on les aborde sous des angles différents. On sait ainsi ce qui se passe dans toute la Zambie et au-delà et cela me plaît beaucoup. Mais en tant que femme au parlement, je suis parfois très perplexe. Je suis les débats : ce sont les affaires courantes pour mes collègues; pour moi, ces débats sont loin des gens, que l’on peut toucher, sentir. C’est un peu débattre sans être proches des gens au nom desquels on débat. C’est parfois la difficulté avec la vie parlementaire. Mais je suis avec d’autres femmes parlementaires zambiennes, qui viennent de zones rurales et d’agglomérations urbaines et nous essayons de peser dans la balance parce que nous sommes des mères de famille. Comment aborder les problèmes de nos enfants et de nos sœurs d’un point de vue législatif ? Bien sûr, le fait d’être en minorité soulève souvent des problèmes. Mais nous nous faisons entendre. C’est un processus de longue haleine : nous savons très bien que nous avons affaire à un parlement très patriarcal où les hommes dominent. Parfois, quand des questions d’égalité des sexes se posent, les hommes ont tendance à ne pas les prendre au sérieux mais mon travail me plaît et j’espère changer un peu les choses, en particulier pour les femmes de ma circonscription, les femmes jeunes, les mères qui se débattent avec les difficultés et l’ensemble de la population. iKNOW Politics : Comment définiriez-vous votre style de leadership? Est-ce qu’il a changé depuis que vous êtes parlementaire ? Sampa Violet Bredt : Il est sans doute trop tôt pour dire que j’ai beaucoup changé. Je suis toujours la même Violet, celle qui veut faire participer les gens à tout ce qu’elle fait. Je ne me vois pas vraiment comme leader, mais plutôt comme facilitatrice. Ce n’est peut-être pas apprécié de nombreuses personnes qui veulent me voir jouer le rôle de leader mais, dans tout ce que je fais, je veux entraîner les gens avec moi et les résultats obtenus ne sont pas faciles à discerner. Cependant, je suis prête à acquérir de nouveaux savoir-faire dont les hommes et femmes politiques ont besoin. Je pense que ma démarche est encore à bien des égards celle que j’avais à l’Eglise. iKNOW Politics : Vous êtes vice-présidente du groupe des femmes. Pensez-vous que le fait d’avoir ce groupe et des femmes autour de vous qui vous soutiennent vous aide dans votre carrière politique ? Sampa Violet Bredt : C’est inestimable. Le groupe des femmes en particulier a une présidente qui a une très grande expérience. L’exemple de ces femmes, qui ont été au parlement avant moi et qui ont été utiles, qui veulent entraîner les nouvelles avec elles, m’inspire toujours et je pense que c’est d’elles que j’apprends le plus – surtout de celles qui sont positives et qui veulent changer les choses. Qui sont entrées en politique avec un autre désir que celui d’être comme les hommes, comme moi qui suis entrée au ministère de l’Eglise non pas pour me fondre dans le clergé mais pour être une femme pasteur et comprendre l’Eglise comme femme et non comme homme. J’apprends beaucoup au contact des femmes du groupe qui essaient de faire évoluer le parlement. iKNOW Politics : Quels conseils donneriez-vous à une femme qui envisagerait de mener une action politique ? Sampa Violet Bredt : Celui de ne jamais abandonner, d’être forte et concentrée. Savoir vraiment ce que l’on veut faire dans la vie parce que, souvent, nous les femmes, nous avons tendance à nous décourager. J’inciterais vivement toutes les femmes qui veulent s’aventurer en politique à être très fortes, sincères, franches et crédibles. Il faut que nous nous distinguions des hommes politiques. iKNOW Politics : Pensez-vous qu’un réseau mondial en ligne comme iKNOW Politics puisse apporter beaucoup aux femmes ? Sampa Violet Bredt : Je pense que c’est aussi un avantage parce que le fait de savoir ce que font d’autres femmes sur d’autres continents vous ouvre l’esprit. Je crois que les femmes sont des femmes, où qu’elles se trouvent, et que si certaines en Europe, en Amérique ou en Australie ont avancé dans certains domaines, nous devons être prêtes à entrer en contact avec elles pour pouvoir échanger des informations et nous manifester notre solidarité. C’est ainsi que je conçois le fonctionnement de ce réseau de femmes.