Les femmes et les hommes du monde entier utilisent différentes plates-formes technologiques pendant leur campagne politique et, une fois élus, pour continuer à dialoguer avec leurs électeurs. Les récentes élections américaines, qui se sont soldées par la victoire de Barack Obama, ont montré au monde l'usage novateur qu'il est possible de faire des nouvelles technologies pour mener une campagne politique, mobiliser l'opinion publique et lever des financements. Les dirigeants politiques interpellent la population grâce aux moyens offerts par ces technologies et nombreux sont les représentants politiques qui tiennent un blog, sont sur Facebook ou disposent d'un compte Twitter. Le recours aux messages textes pour prendre contact avec les journalistes et utiliser des stratégies de campagne virales pendant les rassemblements publics, les débats télévisés et les conférences de presse est désormais monnaie courante. Les vidéos de YouTube complètent les spots télévisés payants pour la diffusion de messages politiques ne dépendant plus des supports médiatiques traditionnels. Les militants politiques mettent à profit ces réseaux sociaux pour organiser des rassemblements en chair et en os et faire circuler l'information concernant des domaines d'intérêt publique. Les enquêtes en ligne, les forums et les plates-formes de discussion permettant des interactions entre les citoyens et le gouvernement sont de plus en plus fréquemment utilisés pour mobiliser l'opinion publique et renforcer la transparence.
Le 21ème siècle a vu augmenter de façon spectaculaire le nombre d'internautes de toutes les nationalités. 29 pour cent de la population chinoise , aujourd'hui forte de 1,3 milliards d'individus, 48,5 pour cent de la population iranienne et 30, 5 % de la population vivant aujourd'hui en Amérique latine et aux Caraïbes surfent désormais sur Internet, mais c'est sur le continent africain que la hausse enregistrée par le nombre d'Internautes entre 2000 et 2009 a été la plus élevée, soit environ 1392,4% . Plus de 350 millions d'utilisateurs de Facebook dialoguent au quotidien en faisant fides frontières et consacrent presque 10 milliards de minutes chaque jour à sur ce site de création de réseaux sociaux. Un récent rapport affirme qu'au moins la moitié de la population mondiale dispose d'un téléphone mobile et que ce chiffre augmente chaque jour. Ce ne sont que quelques exemples montrant l'omniprésence de certaines technologies dans nos vies quotidiennes. D'après les chiffres fournis par l'Union internationale des télécommunications, le facteur séparant les pays développés et en développement dans le cadre de la fracture numérique était de 73 en 1994, tandis qu'il n'était plus que de 8 en 2004. “La caractéristique la plus frappante de cette fracture n'est pas sa profondeur, mais la rapidité avec laquelle elle disparaît” (Fink, C. and Kenny, C 2003).
L'incidence de cette pénétration croissante de la technologie s'est déjà fait sentir dans le secteur du développement. Par exemple, les entrepreneurs africains obtiennent des micro-crédits , les médecins indiens sont capables de poser un diagnostique pour des patients vivant en Ethiopie et le tout récent mouvement écologiste iranien s'est en grande partie structuré en ligne et par l'intermédiaire de SMS, pour ne citer que quelques exemples. La puissance énorme des canaux de distribution ouverts par YouTube, le podcasting, Facebook, Twitter et d'autres a permis à un nombre sans précédent d'individus d'accéder à la technologie.
Les membres de iKNOW Politics jouissent d'une vaste expérience de l'utilisation des plates-formes en ligne et nous souhaitons saisir l'occasion pour inviter nos membres à nous faire part d'exemples novateurs de femmes utilisant les nouvelles technologies en politique, tant pour se faire élire que pour mobiliser les électeurs ou entamer un dialogue avec leurs homologues dans le but de se lancer dans la politique ou d'améliorer l'efficacité de leur participation à la vie publique. Nous souhaitons connaître votre avis concernant les questions suivantes:
- Pouvez-vous citer des exemples de femmes candidates complétant les technologies traditionnellement utilisées pour la communication (c.-à-d. la radio, les allocutions publiques, la télévision) par les nouvelles technologies (téléphones mobiles, YouTube, réseaux sociaux) pour se faire élire?
- Comment les partis politiques tirent-ils profit des effets viraux de la technologie pour la collecte de fonds, le recrutement de bénévoles, la transmission de messages et les initiatives de sensibilisation des électeurs et comment les femmes appartenant à ces partis peuvent-elles bénéficier de ces innovations?http://
- Veuillez citer des exemples de femmes dirigeantes et de gouvernements faisant appel à la technologie pour faire participer l'électorat et faire entendre la voix de l'opinion publique dans le processus législatif.
- Quels sont les modes novateurs d'utilisation des technologies dont se servent les groupes de femmes et les organisations de la société civile pour diffuser l'information et déclencher des débats influant sur la politique publique?
Nous nous réjouissons d'entendre ce que vous avez à dire concernant tout ou partie de ces questions et vous remercions de témoigner de votre expérience de ce sujet important auprès de nos membres du monde entier. Pour présenter votre contribution à une ou plusieurs des questions posées dans le cadre de cette discussion, veuillez vous rendre sur notre site à l'adresse: www.iknowpolitics.org/fr et vous inscrire à l'e-discussion.





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Quand on évoque Internet, la politique, les réseaux sociaux 2.0, quel que soit le nom qu'on leur donne, (bien que ces outils ne reviennent pas tous au même) beaucoup de gens considèrent Facebook comme le “seul” outil de communication virtuelle. Au Pérou, le premier outil de communication basé sur une plate-forme dynamique était le Hi5 (111.hi5.com), sur lequel un grand nombre de gens disposent encore aujourd'hui d'un compte. Les blogs ont ensuite fait leur apparition (www.blogspot.com). Susana Villarán (“Fuerza Social” ou Force sociale a été l'une des premières femmes à se servir d'un blog, qu'elle a utilisé, non pas comme outil de campagne, mais pour diffuser son travail professionnel, avant d'avoir ensuite trois comptes à son nom sur Facebook.
Lorsque Facebook a fait son apparition, avec son format interactif dynamique, tout le monde s'est précipité pour utiliser cet instrument comme outil de communication stratégique en matière de politique, comme l'a prouvé le succès de la campagne d'Obama. Faire de la politique par le truchement des réseaux sociaux ne se limite toutefois pas à disposer d'un compte sur Hi5, Facebook, Blogspot ou Twitter, mais passe aussi par notre façon de communiquer avec les électeurs. C'est la raison pour laquelle il est important d'évoquer Lourdes Flores (PPC): ce n'est pas la première femme à avoir utilisé Facebook, mais sa façon de s'en servir pour consulter les électeurs est intéressante.
Toutefois, les électeurs se contenteront-ils d'être consultés pour des décisions qui ne seront en fin de compte peut-être pas acceptées? Je NE le crois PAS, je pense que les électeurs souhaitent un “dialogue” (écouter et parler) avec les candidates ou les femmes responsables politiques faisant appel à ces outils. Il aurait été intéressant de demander à Lourdes Flores quelle a finalement été sa décision ou ce qu'elle a pensé des réponses fournies. Certaines questions concernaient même la candidate potentielle, notamment des questions telles que: "Que proposez-vous comme plan pour le gouvernement?" ou "Quel aspect du système de bus de la ville de Lima faudrait-il modifier?" – question que je pose non pas à une seule candidate aux prochaines élections au Pérou, mais à toutes.
Enfin, il me semble qu'au-delà de la simple publicité pour les idées ou l'image d'une candidate sur les réseaux sociaux 2.0, il est important que nous parlions de nos propositions et consultions le public, afin de réfléchir à la politique gouvernementale dans le cadre d'un “dialogue” avec les citoyens.
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En Australie, le Premier ministre, le dirigeant de l'opposition, les parlementaires fédéraux et régionaux et les responsables politiques à tous les échelons font appel à Twitter Myspace et Facebook, entre autres. L'année dernière, le Parlement de Nouvelle-Galles-du-Sud a organisé une conférence portant sur les différentes façons de développer l'utilisation de tels instruments pour faire de la politique. Tout cela est très bien pour les personnes qui ont accès à un ordinateur et à Internet. Toutefois, il convient de réfléchir aux façons d'offrir un accès à l'informatique à ceux qui n'en disposent pas et d'y consacrer des ressources. Les femmes ont été nombreuses à se lancer dans ce domaine, mais certaines continuent à faire preuve de réticence.
Je connais (malheureusement) beaucoup de femmes qui ne souhaitent pas avoir d'adresse électronique. Si les parlements commencent à entrer en contact avec l'électorat et à l'informer grâce à ces moyens de communication, pourquoi pas prévoir:
(a) dans les permanences électorales des parlementaires un certain nombre d'ordinateurs en accès libre permettant aux électeurs d'utiliser gratuitement le système? Pourquoi faudrait-il que les électeurs payent (en se rendant dans un café Internet ou en achetant un ordinateur ou du temps de consultation en ligne, etc.) pour avoir accès à l'information transmise par des parlementaires au sujet du gouvernement?
(b) dans les administrations gouvernementales un accès public par le biais d'ordinateurs mis gracieusement à la disposition du public. En Tasmanie (un Etat australien) Women Tasmania (la structure gouvernementale chargée de la condition de la femme) met gratuitement à la disposition des femmes un ordinateur qu'il est possible d'utiliser pour envoyer des courriers électroniques, avoir accès à Internet de façon générale, etc. tout simplement en réservant un créneau horaire ou en entrant dans le bureau à n'importe quel moment de la journée pour voir si l'ordinateur est libre. Une telle mesure devrait s'appliquer à toutes les structures et les institutions gouvernementales.
(c) des leçons offertes par le gouvernement à ceux qui souhaitent apprendre à utiliser le courrier électronique, Google, Facebook, etc. Certaines personnes ne savent pas comment avoir accès à cette technologie et si le gouvernement et le parlement informent l'opinion publique par le biais de ces systèmes, ils ont l'obligation de faire en sorte que les membres de la collectivité et les électeurs puissent y avoir accès en sachant utiliser les systèmes concernés. Peut-être que de telles mesures ont déjà été prises dans certains pays.
Je sais que certaines organisations non gouvernementales de femmes ont des projets consistant à fournir des ordinateurs aux femmes vivant dans différents pays d'Afrique et prévoient aussi l'apprentissage/la formation requis pour savoir les utiliser. L'un des problèmes du monde développé est que nous partons du principe que tout le monde a accès aux technologies et dispose des compétences requises pour les utiliser, ce qui n'est pas le cas. Combien de femmes peuvent-elles participer à cette discussion en ligne? C'est l'occasion rêvée pour dire un grand merci à iKNOW Politics d'avoir prévu une telle discussion et mis sur pied tout le reste de ce site important. Nous devons toutefois veiller à ce que les femmes du monde entier y aient accès et puissent donc participer.
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Depuis le 24 janvier 2010, c'est une femme qui dirige l'opposition pour la première fois dans notre pays. Elle a eu recours à la radio et à la TV lors de sa campagne. Toutefois, maintenant qu'elle a eu gain de cause et fait tomber le Premier ministre et son parti, des élections ont été convoquées deux ans et demi plus tôt que prévu par la Constitution et l'opinion publique, qui la soutient, craint qu'elle n'ait ni le temps ni l'expérience requis pour s'imposer devant les urnes et devenir la première femme Premier ministre du pays.
Elle a suivi l'exemple de la Jamaïque, où l'opposition était dirigée par une femme, mais n'a pas réussi à conquérir le poste de Premier ministre.
Nous autres, les femmes, nous suivons l'évolution de la situation depuis la déception enregistrée au parlement jeudi dernier à minuit, quand elle n'a pas pu obtenir un vote de confiance contre le Premier ministre ad intérim. Utilisera-t-elle les TIC lors de sa campagne? Nous attendons son lancement, prévu la semaine prochaine.