Rodi Kratsa-Tsagaropoulou

Entretiens

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décembre 1, 2008

Rodi Kratsa-Tsagaropoulou

vice-présidente du Parlement européen, Groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens) (PPE)

"Défendre les droits des femmes dans le monde, c’est en définitive établir des liens de solidarité entre les femmes et essayer de lever tous les obstacles à leur participation à la vie politique, sociale et économique. Pour cela, il faut jeter des ponts entre les femmes d’Europe et celles du sud de la Méditerranée, même des ponts virtuels comme le fait iKNOW Politics. " - Rodi Kratsa-Tsagaropoulou

iKNOW Politics: En tant que femme à un poste de direction, quelles difficultés avez-vous rencontrées à votre entrée en politique en Grèce et lorsque vous êtes devenue vice-présidente du Parlement européen ? A-t-il été difficile de répondre aux attentes et de gérer la charge de travail et les pressions qui vont de pair avec votre mandat?

La Grèce, comme la plupart des pays méditerranéens, est en retard pour ce qui est de la participation des femmes à la vie politique. C’est dû dans une large mesure à la structure sociale traditionnelle et aux stéréotypes qui ont cours sur le rôle des hommes et des femmes. L’environnement politique n’est pas hostile à la participation des femmes aux affaires publiques mais il ne l’encourage pas et ne la facilite pas non plus. Je dirais que ni les problèmes que rencontrent les femmes ni l’importance de leur participation à la vie politique ne sont vraiment compris. Pour faire face à ces difficultés quand on est une femme, il faut de la constance dans son choix personnel et une forte volonté, la résolution de tenir un rôle de premier plan dans la politique et la société.

Tous les doutes se dissipent peu à peu à mesure que l’on avance dans sa carrière politique et que l’on progresse concrètement, en Grèce ou ailleurs. Mon expérience au Parlement européen est différente de celle de la politique grecque. Au Parlement européen, il est clair que les collègues, hommes ou femmes, sont jugés selon leurs seuls mérites. Les femmes au Parlement ne sont pas traitées comme une minorité; au contraire, elles sont très présentes, à la fois numériquement et par la qualité de leur travail dans de nombreux secteurs. N’oublions pas que Simone Veil a été la première présidente du Parlement européen directement élu en 1979. Lorsque j’essaie de répondre aux attentes de mes collègues et de gérer la charge de travail considérable des séances plénières et du Bureau du Parlement, l’égalité entre hommes et femmes n’est qu’une de mes préoccupations parmi d’autres, comme l’équilibre délicat entre les groupes politiques, les disparités entre les cultures politiques des Etats Membres et le rôle double du Parlement comme organe politique et comme administration.

iKNOW Politics: En qualité de membre de la Commission des droits des femmes et de l’égalité des genres, et de présidente du Groupe de haut niveau sur l’égalité des genres au Parlement européen, vous travaillez pour l'égalité des femmes et des hommes dans la législation et les institutions européennes, y compris au Parlement européen lui-même. Quels efforts jugez-vous nécessaires pour que cette entreprise aboutisse, au Parlement européen, en Europe et dans les institutions européennes, ainsi que dans les politiques de l’UE qui entendent avoir un impact au-delà de l’Union européenne ?

Dès le début de son histoire, qui a commencé voilà cinquante ans, le Parlement européen s’est engagé à travailler pour l’égalité des sexes au parlement et dans toute l’Europe. Il vaut la peine de signaler à ce propos que le nombre des députées européennes et de femmes occupant des postes en vue au Parlement n’a cessé d’augmenter. Nous avons actuellement cinq vice-présidentes, cinq femmes questeurs, deux femmes présidentes de groupes politiques et six femmes présidentes de commissions et de sous-commissions parlementaires. De plus, depuis l’arrivée de nos collègues roumains et bulgares, le pourcentage des femmes siégeant au Parlement européen a augmenté pour atteindre 39 %.

En même temps, le Parlement européen, comme administration, a adopté des politiques d’action positive afin de parvenir à un équilibre entre hommes et femmes dans son personnel. Les femmes représentent actuellement 61 % du personnel du Parlement et occupent environ 25 % des postes de prise de décision et de direction. Le Groupe de haut niveau que j’ai l’honneur de présider a été créé par le Bureau en 2004 en application de la résolution du Parlement de 2003 sur une approche intégrée de l'égalité des femmes et des hommes au Parlement européen. Le Groupe veille à l’application de cette approche dans toutes les activités du Parlement européen : travaux des commissions, budget, politique d’information et de communication. Pendant la législature actuelle, le Groupe s’est surtout attaché à intégrer les questions de genre dans les travaux des commissions parlementaires, la politique relative au personnel et dans la langue employée, qui doit être non sexiste.

A maintes reprises, le Parlement européen, comme organe politique, a rédigé des rapports, soutenu des initiatives, approuvé des fonds et voté en faveur de résolutions qui demandaient une participation équilibrée des hommes et des femmes dans toutes les instances de prise de décision. De plus, il engage constamment les autres institutions, à savoir le Conseil et la Commission européenne, à veiller à l’égalité entre hommes et femmes dans tous les domaines, depuis les missions de consolidation de la paix et la coopération au développement jusqu’à l’établissement de budgets pour les fonds structurels, la politique de cohésion et l’attention spéciale à porter aux femmes des régions rurales d’Europe.

L’intervention du Parlement est donc double: d’une part, il adopte des lois allant dans le sens de l’égalité entre les sexes et, de l’autre, il donne des orientations politiques pour faciliter le débat politique qui se poursuit en Europe sur la parité. Pour revenir à votre question, ce qu’il faut faire c’est surveiller de près l’application, par les Etats Membres et les institutions elles-mêmes, de la législation de l’UE sur l’égalité, engager le Conseil et la Commission à donner suite aux résolutions du Parlement à cet égard et accorder les politiques en la matière avec les instruments financiers de manière à assurer leur cohérence, leur complémentarité et leur efficacité.

iKNOW Politics: Vous êtes responsable des relations euro-méditerranéennes au Parlement européen et vous avez gagné le prix Euro-Med pour le dialogue entre les cultures en 2007. Pouvez-vous dire à nos lectrices en quoi votre travail en cette qualité a contribué à la protection des droits des femmes dans la région et à leur promotion dans la vie publique ?

J’ai l’honneur d’être la vice-présidente responsable à la fois de l’égalité entre hommes et femmes et de la coopération euro-méditerranéenne. Ces deux casquettes m’ont permis de suivre de près les progrès réalisés dans le domaine des droits des femmes dans les pays voisins riverains de la Méditerranée. De plus, j’ai eu l’honneur de contribuer à la création de la Commission des femmes de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne et j’ai été fière d’en assumer la vice-présidence jusqu’en juin dernier. Cela m’a permis de nouer des relations étroites et fructueuses avec mes homologues du sud de la Méditerranée et d’avoir un partenariat privilégié avec des femmes responsables politiques et parties prenantes au Moyen-Orient. Lors de mes fréquentes missions et visites au Moyen-Orient et dans les pays de la Méditerranée, je me suis toujours fixé pour priorité de rencontrer des femmes qui représentaient les sociétés locales et y jouaient un rôle.

Ces deux aspects différents de ma carrière parlementaire m’ont aidée à comprendre que, malgré les disparités incontestables entre la condition des femmes d’Europe et celle des femmes de pays en développement, les difficultés qu’elles ont à surmonter sont les mêmes : sous-représentation dans la vie économique et politique, différence salariale entre hommes et femmes, discriminations sexistes, difficultés à concilier vie privée et vie professionnelle. Toutefois, il va sans dire que les femmes du Moyen-Orient et du monde arabe se heurtent à des obstacles et à des problèmes supplémentaires, qui tiennent par exemple à leur situation au regard de la loi ou aux conséquences d’une interprétation arbitraire ou archaïque de règles et de pratiques religieuses.

N’oublions pas que, dans certains pays, les femmes ambassadeurs ou ministres doivent être escortées par leur mari lorsqu’elles se rendent à l’étranger en mission ou en visite officielle. Défendre les droits des femmes dans le monde, c’est en définitive établir des liens de solidarité entre les femmes et essayer de lever tous les obstacles à leur participation à la vie politique, sociale et économique. Pour cela, il faut jeter des ponts entre les femmes d’Europe et celles du sud de la Méditerranée, même des ponts virtuels comme le fait iKNOW Politics. Nous avons eu récemment une nouvelle occasion de comprendre à quel point les relations entre les femmes du Nord et du Sud et les échanges de vues entre elles pouvaient être fructueuses.

Dans le cadre de la semaine arabe qui s’est tenue au Parlement européen, nous avons organisé un échange de vues très intéressant et éclairant sur le rôle des femmes dans le monde arabe, tant le Maghreb que le Mashreq, et aussi sur la condition des femmes arabes qui ont immigré en Europe. La principale conclusion à tirer de cette manifestation est celle-ci : l’accession des femmes au pouvoir politique dans les pays de la Méditerranée présuppose un changement fondamental de leur situation personnelle et familiale, qui ne peut s’opérer qu’avec une évolution des mentalités, des réformes juridiques et sociales et en définitive plus de démocratie.

iKNOW Politics: En 2006, vous avez présenté un rapport au Parlement européen sur le rôle et la place des femmes immigrées dans l’UE. Sur la base de votre rapport, le Parlement européen a adopté une résolution dans laquelle il engageait les Etats membres à promouvoir l’accès des femmes immigrées à la vie économique, politique, sociale et culturelle du pays d’accueil et à prendre des mesures pour combattre les violations des droits de ces femmes et de ces jeunes filles. A partir de cette expérience, que devraient faire, selon vous, les femmes qui occupent de hautes fonctions dans le monde pour promouvoir les femmes et en garantir les droits ?

Le but de notre rapport était de mettre en évidence les nombreux problèmes que rencontrent les femmes immigrées à leur arrivée en Europe et leurs conditions de vie et d’intégration dans l’Union européenne. A ce sujet, il vaut la peine de signaler que nous manquons souvent de statistiques fiables et actuelles sur les femmes immigrées. On estime néanmoins qu’elles représentent 4 % de la population totale de l’UE et 54 % de la population immigrée en Europe. Les principaux problèmes qu’elles rencontrent sont des discriminations dans l’emploi et la marginalisation sociale. Seules 44 % des femmes immigrées en situation régulière ont un emploi et seulement 17 % d’entre elles font des études supérieures. De plus, elles souffrent de discriminations multiples, fondées sur le sexe, l’origine ethnique, la langue et la religion. Il faudrait porter une attention particulière aux chances qu’elles ont de s’intégrer dans la vie professionnelle, en particulier celles qui arrivent en Europe au titre du regroupement familial.

C’est pourquoi nous avons souligné dans notre rapport que la directive 2003/86/EC n’était pas encore appliquée de manière satisfaisante par tous les Etats membres, ce qui se traduisait souvent par un traitement discriminatoire des femmes immigrées. Notre rapport a été adopté à une large majorité – il faut le signaler – et M. Franco Frattini, qui était alors le Commissaire à la justice, la liberté et la sécurité, a bien accueilli nos suggestions et a promis de les intégrer aux politiques de la Commission en la matière. Cela signifie qu’au niveau européen il y a une volonté politique de s’attaquer aux problèmes des femmes immigrées en Europe. Et nous l’attendons aussi des Etats Membres. L’immigration est une réalité en Europe aujourd’hui et le sera certainement à l’avenir. Il y a un consensus au niveau des responsables politiques : tous estiment que, dans tous les secteurs, qu’il s’agisse de faire face aux changements démographiques ou de renforcer la cohésion de nos sociétés, l’immigration doit être considérée comme un élément de la solution et non pas du problème.

Nos objectifs de développement et de cohésion sociale sont directement liés à notre capacité à bien gérer les flux migratoires en intégrant les immigrés dans nos sociétés. Or, pour bien s’intégrer, les hommes et les femmes immigrés doivent être bien informés des valeurs de notre société, de leurs droits et de leurs obligations. L’intégration des femmes immigrées est importante car ce sont elles qui élèveront les immigrés de la deuxième génération : elles peuvent contribuer à l’intégration de leurs enfants en leur transmettant à la fois leurs valeurs traditionnelles et celles de l’Europe. Leur intégration passe par une généralisation de l’égalité entre hommes et femmes dans nos politiques de cohésion sociale, des droits de la personne, de l’emploi et du dialogue interculturel. Mais comme l’intégration n’est pas à sens unique, nous devons renforcer notre coopération avec les pays d’origine des immigrés et avec leurs communautés en Europe afin de faciliter autant que possible leur intégration. N’oublions pas que dans de nombreuses communautés immigrées en Europe, les femmes sont aussi victimes de violences systématiques, de mutilations génitales, de mariages forcés et même de « crimes d’honneur ». Comme ces questions ne peuvent être réglées que dans les communautés d’origine des futurs immigrés, l’UE devrait essayer de s’attaquer à ces questions à leur racine, par son association avec des pays tiers et des accords de coopération avec eux.

Le rôle que les femmes à des postes de responsabilité devraient jouer devient alors évident : elles devraient faire pression sur leurs gouvernements pour que ceux-ci honorent leurs engagements nationaux et internationaux et leur demander des comptes s’ils ne le font pas. Les femmes au pouvoir ne devraient jamais oublier les millions de femmes victimes de discriminations, torturées, marginalisées tant chez elles qu’à l’étranger; ces femmes ont besoin que leurs dirigeantes parlent de leurs problèmes, essaient d’en venir à bout et leur donnent les moyens de participer à la vie sociopolitique et d’accéder à la prospérité.

iKNOW Politics: Vous êtes une des fondatrices et la présidente du Centre européen de la communication et de l’information à Athènes. En tant que femme politique compétente en matière de communication, croyez-vous à l’existence de stéréotypes dans les médias contre les femmes en politique ? Si oui, comment s’y prendre pour les faire disparaître ? Que devraient faire les femmes politiques et les candidates pour en venir à bout ?

Si j’ai fondé le Centre européen de la communication, j’ai eu aussi l’honneur d’être membre fondateur et vice-présidente du Comité grec pour le mouvement européen en Grèce, ainsi que membre fondateur et la présidente actuelle de l’Association internationale pour la promotion des femmes d’Europe, qui décerne le prix « Femme d’Europe ». Toute l’expérience que j’ai acquise dans la société civile m’a donné une conscience aiguë du fait que les stéréotypes à propos des femmes sont encore omniprésents dans la presse et les médias, et ils ne concernent pas seulement les femmes en politique mais aussi dans les sciences, les sports ou les arts et finalement les femmes de la société civile elles-mêmes : on a souvent le sentiment que, dans l’esprit des gens, les femmes devraient se borner à lutter pour les droits des femmes plutôt que participer à tous les secteurs de la société. La question des stéréotypes dans la publicité et les médias a fait récemment l’objet d’un rapport de notre Commission des droits de la femme, présenté d’ailleurs de sa propre initiative.

Le rapport souligne la nécessité de faire prendre conscience des images dégradantes des femmes et des hommes dans la publicité et le marketing, et recommande que les producteurs, les éditeurs et les publicistes adoptent un comportement plus responsable dans leur façon e dépeindre femmes et hommes. A ce propos, des prix d’égalité décernés aux médias pourraient contribuer à rompre avec les stéréotypes sur les femmes et les hommes. Il faut trouver un équilibre délicat entre deux nécessités : celle de promouvoir l’égalité des hommes et des femmes dans les médias et la publicité et celle de protéger la liberté d’expression des médias. En définitive, l’accent devrait être mis sur l’éducation à l’école et dans la famille, puisque les stéréotypes ne disparaîtront que si les enfants sont éduqués dans ce sens dès le plus jeune âge. Le monde des médias doit comprendre que nous essayons non pas d’effacer les différences évidentes – physiques, psychologiques ou sociales – qui existent entre hommes et femmes, mais d’éliminer une présentation des femmes et des hommes qui sape nos politiques d’égalité.

Les femmes politiques peuvent faire beaucoup pour aider à venir à bout de ces stéréotypes, en faisant attention à la manière dont leur propre image passe dans les médias. Elles devraient veiller aussi à ne pas créer de nouveaux stéréotypes, comme celui des « dames de fer »; si nous, femmes politiques, nous devons abandonner notre féminité pour faire passer notre message et être prises au sérieux, nous aurons perdu au jeu de la diversité et de l’égalité sociales.

iKNOW Politics: Comment, à votre avis, une initiative comme iKNOW Politics peut-elle être utilisée pour encourager la progression des femmes en politique ? Si un tel réseau avait existé plus tôt, en auriez-vous bénéficié dans votre carrière?

Il est banal de dire que les femmes se heurtent à des obstacles, dans tous les aspects de la vie, politique, sociale et économique, lorsqu’elles essaient de faire passer leur message. Etant donné qu’à l’ère de la mondialisation les barrières physiques ne cessent de tomber, la technologie de l’information est sans doute le meilleur moyen d’aider les femmes à surmonter ces obstacles. C’est pourquoi je n’ai pas hésité à accueillir au Parlement européen le lancement de l’initiative d’iKNOW Politics pour l’ensemble de l’Europe; je crois qu’elle a effectivement le pouvoir de permettre à des femmes du monde entier de se constituer en réseau, de mettre en commun et de s’échanger les bonnes pratiques, de poser des questions, d’exprimer leur solidarité, autrement dit, de s’entraider.

Si nous voulons rendre notre action plus efficace et favoriser une participation équilibrée des hommes et des femmes dans tous les domaines de la société, nous avons besoin non seulement d’une ferme volonté politique et de mesures législatives volontaristes mais aussi de circuits et de réseaux qui permettent une communication interactive moderne. Inutile de faire remarquer que les options des technologies de l’information sont de plus en plus utilisées dans la politique moderne : regardez quel rôle ont joué les séquences vidéo diffusées par webstreaming avec YouTube et des réseaux sociaux comme Facebook dans la dernière élection présidentielle aux Etats-Unis.

Je suis sûre que le réseau d’iKNOW Politics se révélera utile aux femmes en politique, non seulement en Europe mais partout dans le monde, et surtout qu’il permettra une coopération des femmes dans le monde entier sans souci de frontières.

iKNOW Politics: Quel conseil donneriez-vous aux membres d’iKNOW Politics, en particulier aux femmes politiques et aux candidates, pour la suite de leur carrière politique ?

D’abord, permettez-moi de préciser qu’à mes yeux mon témoignage et mes conseils ne sont pas plus utiles que ceux des centaines de membres d’iKNOW Politics qui ont l’expérience du terrain ou du contact avec les populations locales. Néanmoins, le conseil que je leur donnerais serait d’exploiter à fond les possibilités offertes par iKNOW Politics et tout autre moyen qu’elles ont de travailler en réseau et de se faire connaître les bonnes pratiques. Vivant au contact de la politique européenne, je puis confirmer que l’unité fait la force.

Mon conseil aux femmes qui occupent déjà des postes élevés dans des gouvernements et des administrations serait de ne pas oublier leurs aspirations initiales et les objectifs qu’elles s’étaient fixés au début de leur carrière. N’oublions pas que les femmes sont aussi des êtres humains et qu’elles ne sont pas à l’abri des tentations du pouvoir. La promotion des femmes n’est pas seulement une affaire de statistiques et les femmes dirigeantes ne devraient pas se dissimuler derrière le filet de sécurité des quotas; elles ne doivent pas penser uniquement à leur carrière mais aussi à la manière dont elles peuvent promouvoir la participation des femmes en général. Nous avons effectivement besoin de femmes aux bons endroits, mais de beaucoup plus de femmes et, en fait, de femmes qui pensent, votent, gouvernent et agissent comme des femmes.

 

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