Femme élue à la tête d’un état, impact et mouvement féministe-Elections en Amérique Latine.

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Femme élue à la tête d’un état, impact et mouvement féministe-Elections en Amérique Latine.

Bien que le Brésil n’ait connu que 25 ans de démocratie, le gouvernement actuel dispose d'un nombre record de femmes ministres (10 représentant 26% du cabinet). Ceci est en contraste avec 2008, lorsque le Brésil était parmi les pays avec la plus faible proportion de femmes dans la fonction publique. Les prochaines élections présidentielles sont prévues pour Octobre 2014, quel a été l'impact de l’accroissement de la participation politique des femmes sur le pays au cours de ces dernières années? Comment a-t-elle influencé le mouvement féministe du Brésil? Comment a-t-elle influencé le mouvement féministe dans d'autres pays d'Amérique latine? Par quels moyens une femme élue à la tête d’un état peut-elle ouvrir les portes pour d’autres femmes?

Réponse: 

L'exclusion des femmes de la politique institutionnelle fait partie d'une plus grande exclusion de l'espace public. Les femmes, même celles qui travaillent, sont chargées des tâches domestiques, sont davantage impliquées dans  la sphère familiale que les hommes et ont pour fonction de se "reproduire", tandis que les hommes ont les rôles les plus importants dans la société, en particulier ceux liés à la politique, la religion et la guerre. Avec le temps, cependant, cette division sexuelle du travail est de moins en moins marquée, grâce à la mobilisation des femmes elles-mêmes.

Entre 2008 et 2011, nous avons fait un pas en avant, dû au fait qu’il y avait la volonté politique de le faire. Au Chili, lors du  premier mandat de Michelle Bachelet, son cabinet était paritaire: 50% de femmes, 50% d'hommes. Symboliquement, ceci est très important. Comme l'a si bien  remarqué la présidente brésilienne Dilma lors de son discours d’investiture, ceci montre que les filles et les jeunes femmes peuvent rêver d’occuper ces postes un jour. De plus, il semble bien que cette tendance va continuer : les deux candidats les mieux placés pour gagner les élections présidentielles au Brésil en 2014 sont des femmes. L'une d’entre elles, Marina, une femme noire.

Dans la fonction publique, la situation est plus complexe.Les femmes ne représentent que 8,77% dans l’actuelle Chambre des Députés du Brésil  et moins de 12% au Sénat fédérale. Ceci est le résultat de toute une structure qui obstrue la participation des femmes en politique: il existe des obstacles quand il s'agit d'obtenir le parrainage et l'aide financière pour les campagnes électorales, une répartition inégale des fonds du parti et du temps de publicité à la radio et à la télévision; un manque de confiance à l’égard des dirigeants et une accumulation d'heures de travail. Il en ressort donc que, parmi ceux qui sont élus, nous retrouvons une majorité d’hommes blancs bourgeois, avec certains émanant d’organes politiques non représentatifs et qui ont plus de chance de recueillir des voix.

Cependant, en 2014, nous notons quelques changements: nous assistons aux premières élections où la présence des femmes à la chambre des députés franchit le seuil des 30% du quota obligatoire. En effet, les élections à la Chambre des députés du Brésil sont effectuées par un système de représentation proportionnelle des sièges. Outre un changement crucial, cela ne signifie pas que nous aurons 30% de femmes élues. C’est une chose que les femmes se présentent en tant que candidates, et c’en est une autre qu’elles soient élues. C’est-à-dire que nous pouvons avoir 30% de femmes candidates et toujours pas un plus grand nombre de femmes élues.

Selon moi, pour aller de l'avant, nous devons aller au-delà du débat numérique. Jusqu'à présent, l'argument a été presque instinctif: si nous représentons 52% de la population, nous ne pouvons pas  représenter que 10% des élus au pouvoir.

Les questions à se poser sont les suivantes: quelles femmes représentantes voulons-nous? Quel est le profil des femmes choisies et présentées  par les parties politiques? Quelle est la proportion des «candidates fantômes»? (-Afin de répondre aux exigences concernant le quota de 30%, les partis politiques présentent des «candidates fantômes», soient des femmes qui ne savent même pas qu’elles sont candidates).

C'est bien là que le mouvement féministe est nécessaire. Ce n’est pas assez d’être une femme pour régir et faire passer des lois qui favorisent les femmes en tant que « groupe opprimé ». Des propositions telles que la légalisation de l'avortement, si chère au mouvement féministe, ne font pas partie de l'ordre du jour des parlementaires liés aux partis conservateurs ou religieux. Il ne faut pas se contenter de juste voter pour une femme, mais plutôt pour des lois et politiques aussi.

Et pour finir, la page Facebook «Votez pour une féministe", crée cette année est une  page très intéressante qui offre une liste de toutes les candidates féministes du Brésil.

 

 La réponse ci-dessus provient de notre experte Maíra Kubík Mano.

 

 

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Portrait de iKNOW Politics

 

Je voudrais juste suggérer quelques sources comme indicateurs de la représentation des femmes:

http://www.quantovaleseuvoto.org.br/index.php?option=com_content&view=ar...

Et les documents que nous avons preparés qui suivent ce que Maira a dit: aller au-delà du débat numérique et parler des candidatures qui sont plus en dans la lignée du mouvement féministe.

http://www.quantovaleseuvoto.org.br/index.php?option=com_content&view=ar...

 Commentaire envoyé en portugais par Priscilla Brito-http://cfemea.org.br/

Portrait de Graziele Grilo

Avec la fin des élections et la réélection de Dilma Rousseff, suite aux élections où trois femmes étaient candidates à la présidence, la participation politique des femmes dans la vie publique reste faible, malgré une légère augmentation du nombre de femmes au sein du Congrès (47-51 de 513 postes disponibles), elles ne représentent que seulement 10%. Au sein  des Sénats, des 54 sénateurs, 12 sont des femmes. Et pour le poste de gouverneur de l'État (27 états), une seule femme a été élue gouverneur.

Je pense que les mouvements féministes sont plus expressifs et plus mobilisés au Brésil, mais en réponse aux manifestations  ultraconservatrice de la société(tels que "Cure Gay"), la violence contre les femmes (selon l'IPEA, on estime que 700 000 femmes sont victimes d'abus - http://www.ipea.gov.br/portal/index.php?option=com_content&view=article&id=23117&catid=159&Itemid=75) et non grâce à la présidente.

 

Commentaire original envoyé en portugais