Canada : Parité en politique, pourquoi est-ce si difficile ?

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août 27, 2018

Canada : Parité en politique, pourquoi est-ce si difficile ?

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Par Maël Rannou,

L'arrivée de Justin Trudeau au pouvoir aura été marquée par sa réponse à la question du gouvernement paritaire: «Parce qu'on est en 2015». Nous sommes désormais en 2018, et les débats sur la parité restent très présents dans les campagnes électorales au Canada, notamment l'élection québécoise.

Il n'existe aucune loi sur la parité au Québec, ni punitive ni incitative. C'est en 2012 qu'il y a eu le plus de femmes à l'Assemblée nationale, 41 sur 125, soit 32,8% (et pour la première fois, une première ministre). Un taux en progrès si on le compare à la décennie précédente, mais loin d'une représentation réaliste de la population, donc. Un seul parti s'était d'ailleurs astreint à la parité, Québec solidaire, qui n'obtenait que trois élus (dont deux femmes).

La France a depuis 2000 une loi stricte sur la parité. Pour les scrutins de liste, les deux genres doivent systématiquement s'alterner, pour les élections de députés les partis doivent présenter 50% de femmes et d'hommes, avec une marge de 2% d'écart. Ceux qui ne le font pas reçoivent alors une amende, mais soustraite de leur financement public (les partis qui ne décrochent pas cette timbale en sont donc exemptés). Le système est efficace, mais pas dénué d'effets pervers: ainsi l'UMP au pouvoir durant des années, et très richement doté, préférait se passer de 25 millions d'euros de dotation pour pouvoir n'investir que 25% de femmes! Autre conséquence, inattendue, quelques rares partis ont été sanctionnés pour avoir présenté... trop de femmes.

Au Québec, on parle plutôt «zone de parité», qui se situe à plus de 40% de femmes, zone que tous les partis se sont engagés à respecter. Le Devoir a suivi cette promesse en instaurant une «vigie parité» permettant de voir que les quatre partis principaux avaient investi 47,4% de femmes, les deux partis principaux étant à la traîne. Une raison est factuelle: plus on a de sortants, plus il y a de chances d'avoir un député qui se représente et on ne peut donc pas investir de femmes.

Cliquez ici pour lire l’article publié par Huffington Post le 27 août 2018.

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