Les parlements peuvent-ils promouvoir la paix et l’égalité des sexes ?

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juillet 12, 2016

Les parlements peuvent-ils promouvoir la paix et l’égalité des sexes ?

Nous attendons de nos parlements qu’ils nous représentent, adoptent des lois qui protègent nos libertés et droits fondamentaux, et distribuent des ressources aux nécessiteux. Dans ces fonctions, les parlements sont particulièrement bien placés pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Pourquoi sont-ils donc si souvent absents du débat autour des questions concernant les femmes, la paix et la sécurité (FPS) ?

La résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) reconnaît l’impact que la guerre a sur les femmes et le rôle central que celles-ci devraient jouer dans le développement, la paix et la sécurité. Des résolutions récentes soulignent la nécessité d’associer les femmes aux pourparlers de paix et aux processus de reconstruction après les conflits. Nous avons appris que la probabilité que des accords de paix tiennent au moins deux ans augmente de 20 % lorsque les femmes participent au processus. Les objectifs de développement durable ont marqué la reconnaissance à l’échelle mondiale de l’existence de liens entre l’égalité des sexes, des institutions fortes, la paix et la sécurité.

Malgré ces progrès, l’application de la résolution 1325 accuse du retard, le manque de financement étant souvent mentionné comme étant le principal obstacle. Si nous voulons combler le déficit de financement et garantir que les engagements en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité se traduisent par des mesures concrètes, nous devons rallier les parlements à cette cause.

Les parlements ont le pouvoir d’adopter des lois soucieuses de l’égalité des sexes, de vérifier si des fonds suffisants sont affectés à des programmes FPS, et de faire en sorte que les femmes parlementaires aient voix au chapitre dans les discussions concernant les finances, la défense, la lutte contre le terrorisme, les politiques juridiques et la justice.

Une collaboration transparente entre les parlements et les médias et les organisations (féminines) de la société civile est essentielle. En Somalie, les réseaux de femmes mènent actuellement des consultations avec le gouvernement pour veiller à ce que le quota de 30 % de sièges réservés aux femmes, convenu en 2012, soit respecté dans les prochaines élections. L’exemple somalien démontre la capacité de la société civile féminine à défendre des processus politiques qui ne font pas d’exclus et à mettre les parlements devant leurs responsabilités à l’égard des engagements concernant les FPS.

En 2015, nous avons organisé la Conférence internationale des femmes parlementaires en Algérie, qui a réuni 100 parlementaires venues de 11 pays pour échanger les meilleures pratiques dans la promotion de la participation des femmes à la vie politique. Entre autres fruits de cette rencontre, on citera le lancement du premier Forum algérien des femmes parlementaires.

Nous redoublons d’efforts dans ce domaine avec le lancement d’une nouvelle initiative qui préconise un rôle plus prépondérant des femmes parlementaires, renforce le contrôle parlementaire sur l’égalité des sexes et les plans d’action nationaux, et facilite les liens entre les parlements, les médias et la société civile féminine. Cette initiative permettra aussi de renforcer la capacité des parlements à faire office d’agents de promotion de la paix et de l’égalité des sexes dans leurs sociétés.

Par Nika Saeedi, Experte à iKNOW Politics, Spécialiste des politiques Genre, Processus politiques et Consolidation de la paix au PNUD

Source: PNUD

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