En 2020, le monde "ne peut pas se permettre" d'avoir si peu de femmes au pouvoir

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En 2020, le monde "ne peut pas se permettre" d'avoir si peu de femmes au pouvoir

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D'après les nouvelles données présentées dans l'édition 2020 de la carte UIP-ONU Femmes de la situation des femmes en politique, leur représentation dans la prise de décision politique continue de progresser, mais de façon extrêmement ténue. La publication de ces données coïncide avec l’examen de la mise en œuvre, après 25 ans, du Programme d’action de Beijing, le programme le plus complet au monde en matière d'égalité des sexes.

La carte UIP-ONU Femmes présente le classement mondial des pays en fonction du nombre de femmes au parlement et au sein des gouvernements au 1er janvier 2020. Elle fait état, par rapport aux éditions antérieures, d'un nombre de pays sans précédent ayant à leur tête des femmes chefs d'État et/ou de gouvernement, mais aussi en ce qui concerne la part de femmes ministres, présidentes de parlement et parlementaires à travers le monde. Et pourtant, 25 ans après le Programme d’action de Beijing, les femmes demeurent sous-représentées à tous les niveaux de pouvoir.

"Il est impossible de prédire quand les femmes atteindront l'égalité des chances en politique, car aucune tendance claire ne se dégage. En revanche, ce qui est très clair, c'est que les efforts actuels ne sont pas suffisants et que certains pays régressent. Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre encore quatre générations avant d'atteindre la parité. Il est temps de passer de la parole aux actes et de commencer à exiger des engagements et des modifications juridiques. Nous devons travailler avec les 46 000 parlementaires du monde entier afin de supprimer les lois discriminatoires et ainsi permettre que les femmes puissent participer à la vie politique", a déclaré la Présidente de l'UIP, Gabriela Cuevas.

"Nous avons créé un monde dans lequel les femmes n'occupent que 25 pour cent de l'espace, que ce soit au parlement ou dans d'autres instances de prise de décision essentielles. Pourtant, nous savons que la présence d'un plus grand nombre de femmes aux postes de décision politique de haut niveau permet d'adopter des politiques qui profitent à l'ensemble de la société. Les femmes et les filles ont hâte de voir les choses changer et nous appelons les dirigeants et les parlementaires à prendre les mesures nécessaires pour que leur voix soit entendue et leurs priorités prises en compte", a expliqué pour sa part la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

Femmes chefs d'État et de gouvernement

Un peu plus de 10 pour cent des pays du monde sont désormais dirigés par une femme[1]. Vingt pays comptent aujourd'hui des femmes chefs d'État et de gouvernement, contre 19 en 2019. Au 1er janvier 2020, les femmes représentaient 6,6 pour cent des chefs d'État élus (10 sur 152) et 6,2 pour cent des chefs de gouvernement (12 sur 193) ; dans deux de ces pays (Bolivie et Suisse), les fonctions de chef d'État et de gouvernement sont occupées par une même personne.

Néanmoins, les progrès en matière de représentation des femmes parmi les dirigeants mondiaux demeurent insuffisants : dans l'une des premières éditions de la carte UIP-ONU Femmes en 2005, seules huit femmes étaient au pouvoir.

Aujourd'hui, plus de la moitié des femmes chefs d'État et de gouvernement se trouvent en Europe. Presque tous les gouvernements des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège) sont dirigés par une femme, la Suède étant l'exception.

La région des Amériques compte trois femmes chefs d'État ou de gouvernement, un chiffre réduit de moitié par rapport à 2015. La région a connu une baisse significative du nombre de femmes chefs d'État ou de gouvernement entre 2015, où elles étaient au nombre de six, et 2017, où il n'en restait plus qu'une.

On dénombre trois femmes chefs d'État ou de gouvernement en Asie (Bangladesh, Népal et Singapour), une en Afrique (Éthiopie) et une dans le Pacifique (Nouvelle-Zélande).

À l'exception d'Israël, aucun autre pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord n'a une femme chef d'État ou de gouvernement.

Femmes au sein de l'exécutif

On constate une tendance encourageante à la multiplication des gouvernements paritaires : les femmes occupent désormais 50 pour cent ou plus des postes ministériels dans 14 pays, contre 9 en 2019. De plus, 16 pays comptent 40 pour cent ou plus de femmes au sein de leur gouvernement.

L'Europe et les Amériques sont en tête du classement en matière de parité au sein du gouvernement. Dans deux pays (Espagne et Finlande), les femmes occupent plus de 60 pour cent des sièges ministériels. La Finlande se distingue comme étant le seul pays à avoir atteint la parité au sein du gouvernement tout en ayant une femme chef de gouvernement.

Dans l'ensemble, la part de femmes ministres a atteint le niveau record de 21,3 pour cent (851 sur 4003), soit 7,1 points de pourcentage de plus qu'en 2005, où seulement 14,2 pour cent des ministres étaient des femmes.

Au sein des 190 pays pour lesquels les données étaient disponibles, les hommes continuent de dominer certains portefeuilles ministériels. Par exemple, on ne compte que 25 femmes ministres des finances/du budget et 22 de la défense.

À l'inverse, malgré quelques changements ces dernières années, les femmes demeurent davantage susceptibles d'être ministre des affaires familiales et sociales, poste suivi de près par les portefeuilles de l'environnement et de l'énergie.

Pour la première fois depuis 2015, le nombre de pays où les femmes ne sont pas représentées au gouvernement est inférieur à dix, neuf pays n'ayant toujours pas de femme ministre (Arabie saoudite, Brunéi Darussalam, Kiribati, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Thaïlande, Tuvalu, Vanuatu et Viet Nam).

Présidentes de Parlement

On trouve désormais des femmes présidentes de parlement dans toutes les régions du monde, à l'exception du Pacifique.

La proportion de femmes présidentes de parlement est globalement de 20,5 pour cent en 2020 (57 sur 278 postes de présidents de parlement dans 192 pays), soit deux fois plus qu'il y a 25 ans, lors de la conférence de Beijing.

Néanmoins, la part de femmes vice-présidentes a diminué de 3 points de pourcentage par rapport à 2019, pour atteindre 25,3 pour cent.

En 2019, sept pays ont nommé pour la première fois une femme à la présidence de leur parlement (Andorre, Bélarus, Indonésie, Kazakhstan, Malawi, République démocratique du Congo et Togo).

Source: IPU 

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[1]Bangladesh (HG), Barbados (HG), Belgium (HG), Bolivia (Plurinational State of) (HS/HG), Denmark (HG), Estonia (HS), Ethiopia (HS), Finland (HG), Georgia (HS), Germany (HG), Iceland (HG), Nepal (HS), New Zealand (HG), Norway (HG), San Marino (HS), Serbia (HG), Singapore (HS), Slovakia (HS), Switzerland (HS/HG), Trinidad and Tobago (HS) 

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